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L'armée furieuse, Fred Vargas

Publié le par Arianne

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Attendu comme le Messie par ses plus grands fans, voici enfin venu le dernier Vargas !

En ce qui me concerne, je n’en avais lu qu’un seul précédemment (et ça fait déjà un bout de temps !), que j’avais par ailleurs beaucoup aimé – Pars vite et reviens tard – j’ai donc lu celui-là libre de comparaisons avec les multiples aventures du célèbre commissaire Adamsberg.

Drôle de numéro ce commissaire, aussi tête en l’air que perspicace, têtu que touchant, rusé que sensible. Le voilà lancé à l’assaut de l’Armée furieuse (et non pas « curieuse », quoiqu’elle le soit aussi…). Vieille légende normande, l’histoire veut que le seigneur Hellequin châtie les âmes sombres, les hommes qui n’ont pas la conscience tranquille. Ils sont bien peu à avoir aperçu la terrifiante armée sur le chemin de Bonneval, à la tombée de la nuit. Lina est de ceux-là. Et elle connaît les noms de trois des quatre habitants d’Ordebec condamnés à une mort imminente. Les légendes ont la peau dure dans la campagne normande et même ceux qui n’y croient pas savent que ces trois là, les saisis, ont des choses à se reprocher. Quant à savoir qui est le quatrième…


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Adamsberg va se retrouver dans cette drôle de course aux fantômes car sa réputation dépasse de loin les frontières de Paris. C’est madame Vendermot elle-même, la mère de Lina, qui est venu le trouver. Elle craint pour ses enfants. Et quand on a fait connaissance avec ses enfants, on ne sait plus trop qui craindre. Leur histoire familiale est sinistre et violente, leur réputation au village désastreuse. D’abord perplexe, Adamsberg va apprivoiser l’étrange fratrie, tout « irradié » qu’il est par la poitrine de Lina : « cette femme lui ouvrait démesurément l’appétit, lui rappelant brusquement cette énorme part de kouglof qu’il avait avalée enfant, élastique et tiède, avec du miel, chez une tante en Alsace. »

kouglof

La verve et le talent de Fred Vargas font que, cerise sur le kouglov, vous croiserez aussi un pigeon en convalescence, Momo-mèche-courte en très mauvaise posture, Flem le chien qui mange des sucres, un descendant d’un maréchal d’Empire, un sanglier bleu, un vieux comte amoureux (et sa princesse à l'hôpital dormant auprès de laquelle va se pencher un médecin magicien, et tout cela n’aura rien à voir avec un conte de fées !), et encore tant d’autre trouvailles délicieuses !


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C’est un vrai chouette moment à passer avec tous ces personnages étonnants, attachants, mystérieux qui gravitent autour de la bande d’Adamsberg, toute aussi décalée et incroyable : son fils, Zerk (découvert dans le précédent opus, Un lieu incertain), son équipe de choc : Danglard et Veyrenc, dont « la jalousie sourde et tenace, presque féminine », va être mise à rude épreuve et presque résolue grâce au rapide Caen-Paris de 6h56, et Retancourt : « la beauté n’était sûrement pas le caractère premier de Violette Retancourt. Ni la grâce, ni la nuance, ni l’amabilité. Elle était en tous points opposée à la délicatesse charmante et fragile qu’évoquait son prénom. » Le trio indispensable pour Adamsberg, comme il l’explique lui-même à son fils : « Il y a trois règles à retenir, Zerk, et avec cela tu es sauvé : quand on ne peut pas aller au bout de quelque chose, il faut demander à Veyrenc. Quand on ne parvient pas à faire quelque chose, il faut demander à Retancourt. Et quand on ne connaît pas quelque chose, il faut demander à Danglard. »

Côté polar, c’est impeccable : plusieurs intrigues menées de front avec brio (seul bémol : le suspense un poil trop long ou ma curiosité trop émoussée, j'ai perdu un peu de mon intérêt sur la fin qui traîne un peu en longeueur), pour le reste, c’est truculent, drôle et décalé. Si vous n’avez jamais essayé, il serait temps de s’y mettre !


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Fred Vargas

 

« – Léo insiste sur l’aile du papillon, reprit Emeri. Elle dit que l’essentiel, c’est de la repérer au moment où elle bouge. Et pour cela, elle est douée, on doit le reconnaître. Lina voit passer l’Armée furieuse, c’est l’aile du papillon. Son patron le raconte, Léo l’apprend, la mère prend peur, le vicaire lui donne votre nom – je ne me trompe pas ? – elle prend le train, son histoire vous séduit, il fait 36° C à Paris, la femme est étouffée avec de la mie de pain, la fraicheur du grimweld vous tente, Léo guette sur le chemin, et vous voilà assis ici. »

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Mog 06/08/2011 18:59


Bonjour,
je cherche une citation que fais Veyrenc, je crois que c'est vers le passage du "quai". La citation est au sujet des amis je ne sais plus du tout et le livre je ne l'ai plus. Pouvez vous
m'aider?

Merci


Arianne 17/08/2011 11:23



Salut Mog,


Je rentre juste de vacances et ne vois ton message qu'à l'instant. Je vais essayer de trouver ce que tu cherches. A bientôt !


Arianne