Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le lièvre de Patagonie, Claude Lanzmann

Publié le par Arianne

Le lièvre de Patagonie, Claude Lanzmann

Où l’on apprend que Claude lanzmann n’est pas seulement le réalisateur de Shoah mais aussi un ancien communiste engagé dans la Résistance pendant la guerre, un fervent admirateur de Sartre et de Beauvoir avec laquelle il vivra une relation aussi complexe que fascinante, un passionné d’avions, d’Israël et de la cause juive ainsi qu’un être obsédé par la question de la peine de mort.

Lanzmann, Beauvoir et Sartre en Egypte

Lanzmann, Beauvoir et Sartre en Egypte

Même si le personnage est un peu imbus de sa personne – l’autobiographie n’aidant pas à la modestie – on découvre un Lanzmann multiple, parfois agaçant mais d’autres fois touchant, notamment quand il relate avec nostalgie son amour impossible avec une belle infirmière coréenne.

Un parcours hors du commun, traversé par de multiples voyages et par l’Histoire avec un grand « H » (Résistance et vie sous l’Occupation, Shoah et camps de concentration, après-guerre, Israël et la guerre des six Jours, guerre d’Algérie, etc.).

Une lecture absolument passionnante !

Le lièvre de Patagonie, Claude Lanzmann

Deux chapitres difficiles placés en tête d’ouvrage, l’un sur la peine de mort et les exécutions, l’autre sur les avions (non amateurs, gare à la tentation de transformer les pages en avion en papier et de les envoyer par la fenêtre !).

Le lièvre de Patagonie, Claude Lanzmann

La peinture captivante de toute une époque où se mêlent littérature, guerre et politique. Des anecdotes à foison et la (re)découverte de personnages tels que Sartre, Deleuze, Simone de Beauvoir ou Franz Fanon.

Je prends conscience, relisant le chapitre joyeux que je viens d’achever et à l’instant de commencer celui-ci, que, pendant une décennie entière, entre 1952, année de mon premier séjour là-bas, et 1962, qui vit la fin de la guerre d’Algérie, Israël disparut de mes préoccupations ou n’y tint du moins qu’une place très secondaire. La vie avec Simone de Beauvoir, les voyages, les découvertes du monde, mon travail alimentaire, Les Temps modernes, m’avaient requis tout entier. Sans appartenir à un parti – les réunions de comités et les obligations du militantisme professionnel m’ennuyaient à périr –, je me passionnais pourtant pour la politique en France, la politique au sens primordial que je donne à ce terme et qu’on jugerait à coup sûr vieillot et dépassé aujourd’hui où le triomphe de la technocratie et l’expertise généralisée brouillent tout, masquent la réalité inexorable de la matérialité humaine : la lutte des classes existait alors et, éprouvant moi-même depuis l’enfance qu’on peut être lâché par tous ses amis si on perd son rang, qu’arrive un moment où plus personne ne viendra en aide, qu’on peut mourir de faim, de froid et de solitude, j’étais extraordinairement sensible à tout ce qui, à mes yeux, ressortissait à la nudité du besoin et au dévoilement de la violence fondatrice des relations entre les hommes.

Le lièvre de Patagonie, Claude Lanzmann

DE FIL EN AIGUILLE

- Un roman russe, Emmanuel Carrère

- Olympe de Gouges, Catel & Bocquet

- Il était une fois en France, Fabien Nury et Sylvain Vallée

Commenter cet article