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Une panthère dans la cave, Amos Oz

Publié le par Arianne

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Voilà un rescapé des mangés par le Minotaure ! Et pour être honnête, la reprise de la lecture après un semi-abandon a réveillé mon intérêt. En réalité, je pensais tenir entre les mains une approche du conflit israelo-palestinien : il n'en est rien. Nous sommes avant la création de l'Etat d'Israël à Jérusalem. La ville est surveillée par les Anglais et Profi, jeune garçon de 12 ans (double de l'auteur ?) rêve de révolte, de combats contre l'ennemi, de résistance et d'espionnage, de sabotages et d'attentas, et de victoires grandioses. Quand il se retrouve nez à nez avec un officier anglais après l'heure du couvre-feu, sa réaction est tout sauf celle d'un combattant révolté. Il est surpris et touché par l'attitude du sergent Dunlop, érudit épris d'hébreu, de poésie et de culture juive. Entre eux s'installe alors une drôle de relation : Profi lui apprend l'hébreu et il perfectionne son anglais en échange. Mais cette collaboration est plutôt mal vu par l'OLOM (Organisation pour la liberté ou la mort) que Profi a créée avec ses amis Ben Hur et Chita. Ceux-ci vont se venger et la sentence sera terrible. 

On entre dans l'Histoire par le tout petit bout de la lorgnette. Il s'agit plus d'un récit qui semble autobiographique, emprunt de souvenirs d'enfance, d'ambiances, de premiers émois amoureux, d'idéaux révolutionnaires illusoires et d'amitiés blessées, nouvelles, en construction et en questionnements. Des choses graves se passent autour de lui (sa mère soigne les réfugiés et les opposants en cachette, son père s'occupe d'affaires mystérieuses dont il ne faut pas parler) mais Profi évolue dans son petit univers entre ennui et fantasmes pour sa belle voisine.

Le style n'est pas extraordinaire (quelques répétitions inutiles, notamment de la fameuse expression "Une panthère dans la cave" tirée du nom d'un film américain) et assez inégal, rien de très original mais un récit léger qui se lit bien.  


« La tentation est comparable à un éternuement : elle part de rien, une légère démangeaison à la base du nez qui s’amplifie et devient incontrôlable. Elle se manifeste généralement par une petite patrouille de reconnaissance sur le terrain, un vague frémissement, une nervosité indéfinissable et, avant que vous ne compreniez vraiment de quoi il retourne, vous commencez à sentir des bouffées de chaleur, un peu comme lorsqu’on allume un radiateur électrique – la résistance reste grise quelques instants, ensuite elle se met à grésiller, elle rougit faiblement, puis de plus en plus intensément jusqu’à s’enflammer de colère -, et vous voilà pris d’une sorte de vertige, et alors, pourquoi pas, qu’est-ce que ça peut faire, un son étouffé se déchaîne au fonde de vous qui s’évertue à vous convaincre […] »


« Il y a une cavité dans le ventre, ignorée des médecins, qui draine les flots de sang affluant du cerveau, du cœur et des genoux et au fond de laquelle le sang se transforme en flots mugissants.

Je rassemblais ce qui me restait de voix en repliant en deux, en quatre puis en huit le journal qui se trouvait sur la table :

– Pas de problème. Allez-y.

Impossible de le replier davantage.

La question qui m’occupait à ce moment-là était de savoir si la science avait découvert le moyen de faire disparaître quelqu’un pendant, disons, vingt-quatre heures et, dans la négative, s’il me serait possible d’y parvenir en moins de deux heures. Il s’agissait de me volatiliser. Ne plus exister. Mais pas comme le néant cosmique, par exemple. Je voulais me rendre invisible tout en voyant et entendant ce qui se passait. Etre moi et mon ombre en même temps. Etre présent sans l’être. » 

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Apolline 27/05/2010 11:21


Voilà, tu as désormais ta page officielle facebook !! :) http://www.facebook.com/#!/pages/Sur-le-fil-avec-2-n/125391054155198
Les gens peuvent "aimer" la page et auront un accès direct à ton blog et aux nouveauté !!!! C'est pas super ça ?!!
Gros bisous, continue comme ça :)