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Un aller simple, Didier van Cauwelaert

Publié le par Arianne

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Aziz, orphelin recueilli par des Tsiganes, débute une carrière dans les autoradios dans la cité du Vallon-Fleury à Marseille-Nord. Mais il tombe mal, l’Aziz, d’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’il tombe mal, petit Moïse balloté par les flots sauf que son Nil était une Ami 6 qui a plutôt pris feu et qu’en termes de patrie, il a choisi l’Afrique du Nord. Comme ça, par hasard ou par accident, comme pour le reste. Toujours est-il que le gouvernement veut faire un exemple et que ça tombe sur lui : il doit être raccompagné dans son pays. Son attaché humanitaire, Jean-Pierre Schneider, écrivain raté en pleine crise existentielle après la rupture non digérée d’avec la femme de sa vie, l’escorte jusqu’aux confins de l’Atlas où Aziz le mène sur fond de légendes. D’orphelin, il est devenu apatride et s’attache à son accompagnateur qui a l’air aussi paumé que lui. Leur voyage en Afrique sera drôle et inattendu, parfumé de légendes et d’épices, traversé de rêves d’une autre vie, songes en suspens, hontes oubliées, famille abandonnée, sorte de voyage initiatique sans retour. Alors qu’Aziz est censé rentrer chez lui, c’est Jean-Pierre qui, si loin de sa Lorraine natale, va renouer avec ses racines grâce à ce périple absurde bordé de mensonges.

L’écriture de van Cauwelaert est jouissive : c’est naïf et enfantin tout en étant parfaitement maîtrisé et juste. Le style en langage parlé n’est ni grossier ni truculent, c’est drôle et tendre, avec un sens de la formule et de la répartie génial. Les personnages sont attachants tant à cause de leurs faiblesses et de leurs malheurs que par leur énergie, leur inventivité, leur naïveté et leur ardeur à vouloir rendre réel ce en quoi ils ont commencé à croire. 

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Didier Van Cauwelaert

« J’ai commencé dans la vie comme enfant trouvé par erreur. Volé avec la voiture, en fait. J’étais garé sur les clous et, pendant les années qui ont suivi, Mamita, quand je ne finissais pas mon assiette, disait que la fourrière allait venir me chercher. Alors je mangeais trop vite et après je rendais tout, mais dans un sens c’était mieux ; ça m’évitait de prendre du poids. J’étais l’adopté, je restais à ma place. […]

La voiture était une Ami 6 de race Citroën, alors on m’a appelé Ami 6, en souvenir. Ce sont mes origines, quoi. Avec le temps, pour aller plus vite, c’est devenu Aziz. Mamita,qui est née rom en Roumanie où elle a été stérilisée par les nazis, dit toujours que c’était une mauvaise idée de m’abréger comme ça, parce que, petit, j’avais le type français – d’après elle, les noms qu’on donne, ça déteint. Ca m’est égal. J’aime bien être un arabe, parce qu’on est nombreux et on me fout la paix. Depuis que je me débrouille avec les autoradios, et qu’il m’a fallu des faux papiers en cas d’arrestation, j’ai aussi un nom de famille : Kemal. Je ne sais pas d’où ça vient. C’était peut-être l’année des K. »

En lire encore un peu plus, car c'est addictif !

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Apolline 02/06/2010 09:46


si c'est aussi bien que l'éducation d'une fée ça donne envie de le lire !!!
Moi j'ai commencé la formule préférée du professeur, jen suis qu'au début mais j'aime bien :)


Arianne 02/06/2010 10:44



J'ai préféré L'éducation, je crois, peut-être parce que c'était le premier : la surprise de la nouveauté :) mais celui-là est vraiment bien ! Je suis définitivement fan de son style. Bonne
lecture alors ! tu me donneras tes impressions du Ogawa.