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Tsiganes, Jan Yoors

Publié le par Arianne

 

tsiganes.jpg

Quelque part en Flandres entre les deux guerres. Jan Yoors a 12 ans quand, un jour, il s’approche d’un camp de tsiganes installé à côté de chez lui. Il passe la journée au milieu des enfants qui sont ravis de lui faire la visite, des animaux, des adultes accueillants. Jan ne comprend rien au Romani mais le langage universel de l’enfance ne l’empêche guère de s’amuser, parcourir le camp, rire et goûter aux plaisirs nouveaux et multiples de ce petit monde enchanté. Il est finalement trop tard pour rentrer chez lui, il reste dormir au camp.

Il y restera 6 mois.

Quand il revient chez lui, ses parents – sans nouvelles depuis tout ce temps – sont d’une compréhension et d’un calme remarquables. Ce n’est évidemment pas la vie qu’ils avaient imaginé pour leur fils mais ils lui laissent la liberté de choisir. S’il veut vivre avec les gens du voyage, alors ils accepteront.

C’est ainsi que Jan Yoors va passer une bonne partie de sa vie chez les Lovara, peuple d’adoption, avec lesquels il va faire un apprentissage unique et étonnant de la vie nomade. Avec un regard neuf et un enthousiasme juvénile, il nous emmène au chaud dans une roulotte ou en musique au coin du feu d’où on observe, ébahis et envieux, la liberté et la joie de vivre dans sa plus pure expression.

Témoignage indispensable pour les ethnologues, ce récit révèle des renseignements inédits – et vérifiés car vécus de l’intérieur – sur ce peuple mystérieux et insaisissable. Leurs coutumes, leur culture, leur rapport à l’autre, au corps, à la nourriture, à l’hygiène, à la sexualité, la place de la femme, des animaux, de la nature, leur appréhension du monde des « gadje » : tant de différences fondamentales qui les ont souvent desservis. Comme toujours, l’incompréhension de l’autre et la non-acceptation de sa singularité ont mené à la méfiance, l’hostilité puis la barbarie. Avec la « kumpania », Yoors parcourt nombre de pays et de régions et se trouve souvent aux prises avec la loi ou des gens mal intentionnés. Comme il l’explique en introduction, « les tsiganes ne réagissent pas devant les persécutions qui ont souvent un caractère odieux. J’ai d’abord attribué cette résignation au fait qu’ils manquent de protection officielle. Ce n’est pas le fond du problème. En les fréquentant assidûment, j’ai compris à quel point la haine leur est étrangère. Pulika, mon père adoptif disait “Le manque de courage devant la mort est un manque de courage devant la vie”. » C’est ce courage, le goût de vivre et le prix de la liberté que Jan Yoors nous livre ici.

« Quelqu’un fendit la foule et se dirigea vers moi. Cela devait arriver. Mon cœur cessa de battre. Quelque chose me dit que ça ne pouvait être que Lyuba, la vieille Lyuba qui m’avait toujours détesté. Elle avançait lentement, le visage impénétrable, les yeux secs. Je sentis le contact de ses doigts parcheminés sur mon cou. Un frisson me parcouru. Elle s’éloigna un peu et me dit “Suis-moi”. J’étais comme un agneau qu’on mène à l’abattoir. Soudain, elle s’accroupit près d’un groupe de femmes qui se balançaient d’avant en arrière en gémissant, m’attira près d’elle, posa ma tête sur ses genoux et me dit des mots tendres que je n’aurais jamais attendus d’elle. Ses doigts noueux jouaient dans mes cheveux.

Jusqu’à cet instant, l’intensité du chagrin des Rom étouffait le mien. En pouvant le libérer, je ne me sentis plus maudit par la vie ni rejeté par le peuple de Putzina. J’étais l’un d’eux à part entière. »

 

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perez 09/06/2015 02:20

https://www.youtube.com/watch?v=zD_nNKdxNvw

Schlabaya 20/08/2011 21:29


Hum, je viens de voir votre texte repris sur un autre site, ça fait toujours bizarre : http://blog.kiwibleu.com/index.php?post/2010/04/26/Tsiganes-de-Jan-Yoors


Arianne 23/08/2011 22:10



Bonsoir Schlabaya,


Merci pour l'information ! En effet, ça fait bizarre... C'est la 1re fois que ça m'arrive et je suis partagée entre incompréhension et énervement. Mais finalement, je suppose que je devrais
plutôt être flattée : est-ce à dire que ce que j'écris n'est pas si mauvais que ça pour que d'autres s'en réclament ? C'est toujours ça de pris, même si cela reste sacrément indélicat de ne pas
citer ses sources. 


Moi même quand je n'ai pas le temps d'écrire un article, je renvoie directement sur un site ou un blog qui l'a déjà fait, c'est pratique et ça fait tourner la blogsphère. Il faut croire que tout
le monde ne joue pas le jeu, c'est dommage...


 



Apolline 16/04/2010 19:39


Il a l'air bien ce livre. ça doit être très intéressant


Arianne 17/04/2010 15:39



Oui ! et ça se lit comme on regarde un film


D'ailleurs, je te conseille le film "Liberté" de Tony Gtalif dont l'histoire ressemble beaucoup à celle de Yoors. Dans la même veine et du même réalisateur, "Gadjo Dilo" sur la communauté tsigane
roumaine, qui est super, avec Romain Duris.