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Tobie Loneless, Thimothée de Fombelle

Publié le par Arianne

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Tome 1 : La vie suspendue

Tobie fait à peine deux millimètres et vit dans l’Arbre avec ses parents. Comme tout le peuple des Hautes-Branches et des Basses-Branches, ils ne craignent rien tant que les charançons – ces horribles monstres qui creusent des tranchées dans le bois –, les fourmis… et la pluie !

Le père de Tobie, Sim Loneless, est un grand savant qui a percé de grands secrets et est une référence sur tout ce qui touche les espèces et la vie de l’Arbre. Mais quand il refuse de livrer un de ses plus grands mystères, le conseil le répudie.

« – Hier, j’ai parlé avec ma femme. J’ai décidé de ne pas dévoiler comment marche ma petite boîte noire. Je pense que la sève brute appartient à notre arbre. Je pense que l’arbre vit grâce à elle. Utiliser son sang, c’est mettre le monde en danger. […] je préfère ne rien dire de plus, pour que le fils de mon fils puisse encore un jour se pencher sur une fleur ou un bourgeon.

Je suis resté cloué sur mon banc. Je n’avais pas bien compris pourquoi il parlait de mon fils, alors que je venais d’avoir sept ans. Je ne voyais pas de quel fils il parlait, mais j’ai pensé que ce petit mensonge, de faire croire que j’avais un fils, lui était utile pour son explication. […] Pour le reste, je crois que j’avais tout compris et je trouvais ça magnifique. »

La famille, exclue, est contrainte de s’exiler dans le territoire des Basses-Branches, couverte d’opprobre sur ces terres inhospitalières. C’est là que Tobie va rencontrer Elisha et développer sa connaissance de l’Arbre qui lui servira si bien dans sa fuite éperdue. En effet, un nouveau malheur survient bientôt : les parents de Tobie sont arrêtés et condamnés à mort. Tobie fuit, seul contre tous, traqué, mis à prix. Poursuivi par les hommes de Jo Mitch, la pire des crapules qui régente toute l’économie et la vie de l’Arbre, Tobie va de rencontres dangereuses en aventures périlleuses. Seul le souvenir de la belle Elisha et l’espoir de sauver ses parents l’aident à poursuivre sa course effrénée contre le temps.

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Action, aventure, amour et amitié se mêlent à une belle réflexion sur la nature et l’environnement. Fable écolo autant que roman d’aventures, un lecteur adulte appréciera les jeux de mots et les expressions détournées ainsi que les références à un système politique défaillant et dangereux pour l’avenir. L’enfant sourira également aux situations cocasses, à la bêtise des méchants et frémira avec Tobie face aux dangers rencontrés. La construction du récit alterne passé et présent créant à la fois un souffle vivant et un suspens haletant. Une très belle histoire bien pensée et bien écrite qui ouvre sur un second tome.

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Thimothée de Fombelle

« Un jour, c’était certain, les Lolness seraient exécutés. Quand il s’arrêtait pour souffler, Mano se disait qu’il suivait peut-être un dangereux terroriste. Mais quand il voyait Tobie tourner la tête vers lui, il retrouvait ces mêmes yeux clairs du Tobie de toujours. Un garçon de treize ans qui bondissait, pieds nus, attentif à chaque hésitation de son coéquipier, lui indiquant les périlleux passe-branches, le faisant boire avant lui dans les flaques.

Mano devait surtout s’avouer qu’il accordait plus de confiance à Tobie qu’à Jo Mitch et à ses fameux comités de voisinage. […]

Jo Mitch les avait très vite soutenus. Il n’était qu’un gros éleveur de charançons, incapable de prononcer un mot de plus d’une syllabe. Mais après six mois de leçons, il en avait appris un de cinq syllabes : « so-li-da-ri-té », un mot long mais magique. […]

Tout le monde était ébloui qu’un homme qui avait aussi bien réussi puisse passer ses journées à dire "solidarité" dans les branches. En fait, Mitch disait le plus souvent "sodilarité" ou"sotilaridé", ou encore « soriladité », mais pour la foule, l’impression était la même. […] Mano, fraichement immigré, affamé, avait serré cette grosse main molle et moite qui incarnait la réussite. Oui, ce Mitch avait quelque chose. Il était proche des gens. […]

C’est ainsi que Mano devint l’esclave de la peur.

À côté de lui, le jeune Tobie, traqué, mis à prix, pourchassé, paraissait plus libre qu’un papillon. »

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