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Sollicciano, Ingrid Thobois

Publié le par Arianne

Rentrée littéraire 2011

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Mon premier coup de cœur de cette rentrée littéraire.

Ceux qui choisissent à la couverture devraient craquer : les éditions Zulma rivalisent de créativité pour leurs couvertures à motifs géographiques toujours réussies. Ceux qui lisent la 4e de couverture devraient aussi être tentés : « remarquable roman de la folie et des abîmes de l’inconscient, tissé de retournements, dédoublements et manipulations […] on songe aux chefs-d’œuvre d’Hitchcock et de Mankiewicz ».

Et vous aurez tous raison car c’est un roman incroyablement réussi ! La langue et le style d’Ingrid Thobois (que je découvre) sont d’une richesse et d’une élégance infinies. Le récit est remarquablement construit entre passé et présent et les personnages finement campés dans leur étrangeté.

Norma Jean est une belle prof de philo atypique mariée à Jean, mari sensible et dévoué s’il en est. Le récit débute par la visite de Norma à la prison de Sollicciano où elle vient voir Marco, un de ses étudiants. Difficile d’aller plus loin au risque de dévoiler ce qui fait justement tout le charme de ce roman.

Sachez toutefois que Norma Jean a un passé tourmenté, de vieux démons qui n’ont peut-être pas fini de la hanter – et « grâce » auxquels elle a rencontré son mari, psychiatre.

Ce qui est absolument remarquable dans ce roman, c’est la progression de l’intrigue (quel est le lien entre Norma et Marco ? Qu’a donc fait Marco ? Pourquoi Jean se retrouve-t-il à Sainte-Anne ? Comment le mariage de son meilleur ami a-t-il été ruiné ?), en même temps que le glissement des personnages vers quelque chose qui leur échappe, qui les possède et qui ruine tout sur son passage.

Le tout est enveloppé dans un papier cadeau tellement joli qu’on a envie de l’ouvrir en le laissant intact et de faire durer la découverte le plus longtemps possible.

De la belle ouvrage, assurément !

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Ingrid Thobois

« Sans réciprocité possible, j’en étais réduit à un corps objet, un homme en détention, enfermé au-dehors. J’errais comme un touriste lassé de voyager, qui a épuisé tout son capital d’émerveillement. Je m’étais remis à fumer. Je devins expert dans l’art d’étirer une seconde jusqu’à sa déchirure, de diluer dans la contemplation l’angoisse qui commençait à me jouer des tours. »

 


« J’envie les amnésiques pour qui l’inconscient travaille gratuitement. Le mien me fait payer chacun de mes égarements. Dans mes rêves, mes peines de prison sont d’un réalisme terrifiant. Je m’appelle Norma-Jean Vasseur et j’ai plus ou moins cinquante ans. Je m’appelle Norma-Jean Vasseur, j’ai quinze ans, j’ai vingt ans, j’ai trente ans, j’ai cent ans. Le précipité de la mort est couleur de naissance. Je ne vois que du rouge et quelques lignes blanches, graisse ou ligaments que des mains amputées tentent de démêler. Je vais finir comme j’ai commencé : à terme, confondue dans le sang, libérée par le rite des vivants. »

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Apolline 13/10/2011 08:27


Moi la couverture ne m'attire absolument pas !!! Mais vu comme tu parles tu parles du livre ça a l'air bien, j'essaierais peut-être quand j'aurais fini mes nombreuses lectures.
En tout cas je t'ai fait une pub d'enfer sur facebook ;)
Bisous


Arianne 13/10/2011 09:57



Ah... Bon, les goûts et les couleurs comme on dit 


Hésite pas à me dire ce que tu lis et si tu as aimé !! Merci pour la pub 


Bisous !!!