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Seul sur la mer immense, Michael Morpurgo

Publié le par Arianne

 

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« Je pense que la seule espèce d’immortalité à laquelle nous puissions prétendre, c’est de rester vivant aussi longtemps que notre histoire continue d’être racontée. »

Une incroyable plongée au cœur de l’océan, au fond du désert, dans le travail ardu d’un ranch, dans une jungle paradisiaque : le parcours fabuleux de toute une vie.

« Seul », Arthur Hobhouse le devient peu après sa naissance. Né en Angleterre vers 1940, il perd très tôt ses parents et se retrouve embarqué avec des dizaines d’autres orphelins sur un bateau en partance pour l’Australie sur lequel il fait la connaissance de Marty. Celui-ci deviendra son plus fidèle allié, son ami, son frère.

Après une traversée mouvementée sur « la mer immense », ils atterrissent dans un ranch où ils vont servir de main-d’œuvre – pour ne pas dire d’esclaves – à un homme sans humanité, M. Bacon :  « Je peux dire honnêtement que Piggy Bacon est la seule personne que j’ai jamais eue envie de tuer dans ma vie. » Ces années seront les pires de sa vie : « C’était, et nous allions le découvrir rapidement, l’enfer sur terre – un enfer spécialement conçu pour les enfants par M. Bacon – nous l’appelions Piggy Bacon, ce porc, qui était à la fois notre geôlier, notre maître à nous ses esclaves, notre prêcheur, et notre père tout neuf. »

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Un wombat

Seuls le soutien sans faille de Marty et sa clé porte-bonheur aident Arthur à tenir le coup. Cette clé est le seul souvenir qui lui reste de sa vie d’avant, lien ténu qui le rattache à Kitty, sa sœur. C’est elle qui la lui a donné avant leur séparation et il y tient désormais comme au plus précieux des trésors. Pourtant, Arthur n’a pas la moindre idée de l’usage de cette clé. Il ne sait pas d’où elle vient ni ce à quoi elle sert. Pire, il n’est même pas sûr de la réalité de Kitty. Et si jamais elle n’existait pas ? Si elle n’était que le fruit de son imagination, simplement créée pour l’aider à supporter son immense solitude ? Ces questions ne cesseront de le hanter tout au long de sa vie.

« Que Dieu te sauve, vieux Marin,

De ces démons qui de la sorte te tourmentent ! »

[…]

« Alors le SOUFFLE DE LA TEMPETE surgit,

Et il se révéla tyrannique et puissant :

Ce SOUFFLE nous frappa de ses ailes battantes

Et il nous pourchassa jusque loin vers le sud. »

Le livre est découpé en deux parties bien distinctes : le récit de la vie d’Arthur et celui de sa fille Allie qui, notamment sous forme épistolaire, relate son incroyable traversée en voilier (le Kitty IV).

Si la mer est le fil rouge de cette incroyable aventure, notamment via le Dit du vieux marin, poème de Samuel Taylor Coleridge qui traverse tout le récit, leitmotiv qui répond à la chanson London Bridge is Falling Down qui revient aussi comme une rengaine, si elle ouvre le roman par une traversée mouvementée entre l’Angleterre et l’Australie et le clôt par le voyage inverse, il y est aussi question de désert, de bushmen, de toute une panoplie d’animaux – wombats, chevaux, ânes, kangourous, oiseaux – de construction de bateaux, d’astronautes, d’albatros, et de bien d’autres choses.

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Avec un art maîtrisé de la narration, Michael Morpurgo nous émeut, nous fait frémir, pleurer, rire, espérer… Il nous intrigue, nous fait vibrer et voyager.

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Michael Morpurgo

« Je ne pouvais m’installer nulle part, jamais pour longtemps en tout cas. Je n’arrêtais pas de bouger, de bouger, de bouger. Je partais de nulle part, je n’allais nulle part. Je me laissais simplement dériver. Je portais toujours la clé de Kitty autour du cou, je ne l’ai jamais enlevée, pas une seule fois. Mais j’avais depuis des années cessé de croire qu’elle me portait bonheur. Je la gardais sur moi surtout par habitude, et peut-être parce que je pensais qu’un jour je pourrais revenir en Angleterre et y retrouver Kitty, apprendre si elle avait même jamais existé et comprendre à quoi servait cette clé.

Mais je ne le fis jamais, et je sais pourquoi. J’avais peur, peur de découvrir le pire – qu’elle n’avait jamais existé, que je l’avais inventée pour ne pas me sentir entièrement seul au monde. Je pensais toujours à la clé, cependant, lorsque je la voyais dans le miroir en me rasant. J’y pendais chaque fois que je la touchais. Mais tout espoir réel de faire de véritables recherches à son sujet s’estompait, en même temps que ma santé mentale. Je perdais mon centre de gravité, je n’avais plus rien à quoi me raccrocher. »

Dans le labyrinthe

Le site de l'auteur (en anglais)

Ecouter l'auteur parler de son roman

De fil en aiguille

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Du même auteur

Le royaume de Kensuke

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early signs of pregnancy 30/09/2014 14:33

Yes indeed, I have heard a lot about this particular book called alone in the sea. I can understand that feeling because I have been so alone in my whole life and this one adds another thing too. The poor guy is alone and he is in the sea.