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(Re)play !, Jean-Philippe Blondel

Publié le par Arianne

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Une rumeur court au lycée : Franck Ménard doit venir faire une conférence et auditionner les groupes de musique. Ménard, c’est LA star du rock, l’emblème d’une génération, LA référence en la matière. Pour quelqu’un comme Benjamin qui est mordu de musique, c’est plus qu’une aubaine, c’est un peu comme la chance de sa vie servie sur un plateau.

Mais un peu tard.

Parce que le groupe n’existe plus, que Ben et Mathieu sont fâchés, que Clara et Mathieu sont séparés, que plus rien n’est comme avant. Seules subsistent les blessures.

Et si de ces blessures pouvait naître quelque chose ?

Benjamin va canaliser toutes les émotions qui l’agitent et en tirer des mots. D’abord des mots coups de poings, puis des mots pansements ; et de ce travail d’écriture va naître les paroles des chansons qu’il porte en lui ainsi qu’une nouvelle amitié.

 

« L’écriture, ça n’a rien avoir avec la musique, finalement. L’essence de la musique, c’est le groupe, l’orchestre, la bande. L’essence de l’écriture, c’est l’inverse. C’est peut-être pour ça que l’une a besoin de l’autre. Comme Mathieu et moi. Nous sommes plus complémentaires que jumeaux. C’est sans doute la différence entre l’amour et l’amitié, ça. L’amitié, c’est tout sauf fusionnel. L’amitié, c’est comme un puzzle dans lequel tu trouves ta place. »

 

Benjamin va nous livrer avec pudeur et sincérité son histoire – celle d’une amitié, d’un groupe, d’une musique – qui se transforme en désastre pour le malheur de tous. C’est souvent ce qui arrive quand une fille plaît à deux copains, non ? Après la fâcherie et l’éloignement vient le temps des explications et des réconciliations. Mais entretemps, chacun aura parcouru du chemin et aura découvert des voies qu’ils ne soupçonnaient même pas. C’est un peu de l’enfance qui s’enfuit…

Une histoire touchante et parfois grave sur les rapports difficiles de l’amitié, sur les responsabilités à prendre, mais aussi sur l’amour, sur la difficulté à être et être soi, sur les passions et les rencontres. Sur la musique aussi, bien sûr, sur les mots, l'écriture, la création. Sur l’adolescence, en somme, vue de l’intérieur et magistralement évoquée par Jean-Philippe Blondel.

Un style moderne adapté aux jeunes d’aujourd’hui, juste, intelligent et inventif.

 

« Jusque-là, la musique n'avait été pour moi qu'une passion et un passe-temps. Une passion, parce que, comme tous ceux de mon âge, j'en avais besoin pour vivre. Je passais des heures entre Internet et mon Ipod, à écouter, télécharger, zapper, comprendre ce qui s'était fait dans les décennies précédentes, anticiper les développements à venir. La musique, ça me permettait de mettre des couleurs dans mon quotidien. Tu prends ton MP3, tu te cales les écouteurs sur les oreilles et soudain, tout prend plus de relief. Ton cœur s'accélère, tes poumons se dilatent, tu entres dans un autre univers. Je sais, c'est nul. Franck Ménard trouverait certainement ce type de réflexion pathétique. Moi j'emmerde Franck Ménard et tous les mecs de cinquante balais qui se permettent d'ironiser sur les jeunes qui découvrent des sensations, en oubliant qu'un jour, ils ont été à leur place. »

 

Pour les ados (12-15 ans).

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Sur les difficultés de l'adolescence et le passage à l'âge adulte, avec tout l'humour et le talent de Marie Desplechin, voir aussi La belle Adèle

belle adele

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