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Parfum de glace, Yôko Ogawa

Publié le par Arianne

parfum de glace

 

Le lendemain de l'anniversaire de leur première année de vie commune, Ryoko apprend que Hiroyuki, son « Rooky », s'est suicidé dans son atelier de parfums. Ne pouvant comprendre son geste, elle part à la recherche de raisons susceptibles de justifier la douleur de cette perte. Accompagnée d'Akira, le frère du défunt, et du flacon du parfum que Hiroyuki a créé spécialement pour elle - et désormais seul compagnon de sa solitude -, elle va dérouler le fil de cette vie méconnue. Multiple et mystérieux, Rooky va se révéler peu à peu aux détours des recherches de Ryoko. Il sera alors question de Prague, de concours, de patinoire, de mathématiques, de culpabilité, de paons, de figues, de grotte, de trophées, de fierté et d'amour.

L'écriture d'Ogawa est simple comme une bonne réponse, limpide comme un parfum, mélodieuse et poétique comme un jardin japonais, parfumée comme une serre.

Avec beaucoup de subtilité et une retenue touchante - peut-être aussi culturelle - elle interroge autant le deuil, la perte, la mémoire, le souvenir, que la famille, les liens qui s'y nouent et s'y dénouent. Entre réalité du présent, faux-semblant du passé, rêves et espoirs de l'entre-deux.
 

Ogawa_Yoko.jpg

Yoko Ogawa

 

« La porte n'était pas fermée à clef. À peine l’eus-je touchée qu’elle s’ouvrit facilement. Je fus aussitôt enveloppée d’un air lourd et suffocant. […]

Ma voix, aspirée par les arbres, n’arriva nulle part.

J’avais l’impression d’avoir accompli une erreur irréparable. Mais je ne savais pas très bien où, ni comment cette erreur s’était produite. Je m’étais retrouvée seule devant la serre, comme le vent qui change d’orientation sans que personne s’en aperçoive.

Pour autant, je n’étais pas du tout troublée. Je ne ressentais ni regret ni frayeur. Parce que du fond de la serre venait l’odeur, celle de Source de mémoire.

J’y pénétrai sans hésitation. »


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