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Orages, Sonia Ristic

Publié le par Arianne

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Tamara est de retour à Belgrade pour une histoire d’héritage. Fâchée avec cette ville, avec la Serbie, avec sa sœur à qui elle ne parle plus et qui est restée là-bas, avec son père qui les a abandonnées, avec elle-même et avec le monde entier, elle retrouve une ville qu’elle ne reconnaît plus. Bien décidée à ne pas y perdre son temps, voilà qu’elle retrouve un ancien ami, Alexandre, qui fut son premier amoureux… Il a bien changé depuis leur jeunesse, mais malgré ses mauvaises fréquentations, ses trafics louches, voire dangereux et son regard sombre, tellement noir qu'il en est souvent inquiétant, Tamara ne peut s'éloigner de lui. 


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Son voyage va prendre alors une tournure tout à fait inattendue et l’armure qu’elle s’était forgée toutes ces années pour survivre à la mort de sa mère, à l’effondrement de son pays, aux mille morceaux de déception et de désespoir qui l’habitent va se désintégrer petit à petit. Mais que va-t-elle trouver sous sa carapace ? Car depuis le temps, des choses ont poussé sans elle et il va lui falloir se réapprivoiser autant que renoncer à ce qui la ramène toujours et inexorablement au fond du trou.


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Entre Belgrade et Belleville, Tamara erre dans sa vie sans parvenir à trouver la bonne piste. Son monde intérieur est aussi morcelé que l'histoire de son pays. Elle tisse des fils, se perd dans sa toile mais parviendra, grâce à quelques rencontres déterminanates, à sortir de son passé qui la retenait prisonnière. Peut-être pas tout à fait indemne, mais c'est le lot des voyages cathartiques.


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Le titre est parfaitement trouvé : il y a dans ce roman une tension orageuse continue, de la colère, de la violence (physique comme psychologique), des ciels sombres et inquiétants, des larmes et de la pluie.

Pour les ados à partir du lycée.


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Sonia Ristic

« Je voudrais que cet horrible voyage soit terminé. Je serre les mâchoires et tente de me composer un visage de circonstance, mais de fureur et de désespoir, je sens les larmes monter. […]

J’en profite, pour toutes les larmes que je n’ai pas versées.

Pour les habitants de la région des Grands Lacs, pour l’Algérie, pour Sarajevo assiégé, pour mes partiels ratés, pour le pays méchant, et puisque j’y suis, j’en profite pour la Shoah, pour le Chili, pour mon dernier chagrin d’amour.

J’en profite pour le divorce de mes parents il y a douze ans, pour les remarques cinglantes de ma prof en sixième, pour les massacrés cambodgiens et le génocide des Arméniens.

J’en profite, pour les affres adolescentes, pour tous les mélos où je me suis empêchée de pleurer, pour Saco et Vanzetti. J’en profite, pour n’avoir pas eu de grand frère, mais une sœur avec laquelle je ne parle plus depuis cinq ans.

Tout y passe, sur le pull de Dario. Et j’en aurais bien trouvé beaucoup d’autres, des raisons pour pleurer, si à ce moment-là, le train n’était pas entré en gare de Belgrade. »

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« J’ai doucement posé ma main sur son cœur. Il battait. J’ai calé le mien sur son rythme en regardant par la fenêtre.

Le ciel était opaque, bas, tendu de soie sombre.

L’orage approchait.

Qu’il explose. Que toute l’eau du monde se déverse sur nous. Qu’elle emporte tout. Je resterai à ses côtés, dans ce lit, comme sur un radeau. Cela fait longtemps que je me noie. J’étais revenue à l’endroit où tout avait commencé. Autant en finir. »

 

Dans le labyrinthe

Une fiche pédagogique pour la classe.

Une vidéo de Sonia Ristic, autour de l'identité, de l'exil, de l'écriture, etc.

De fil en aiguille

brise-glace couv  attention fragile2  entre dieu et moi

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