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Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Eric-Emmanuel Schmitt

Publié le par Arianne

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Des fois, on ne sait pas trop pourquoi on passe à côté des choses. On a des idées toutes faites, et on s’y tient. Eric-Emmanuel Schmitt était dans mon sac de préjugés : trop lu pour être honnête. Puis un voyage, un titre esquissé et moins d’une heure pour goûter à ce bonbon tendre et sucré. Un de ces petits livres qui vont font sourire puis pleurer, puis sourire. Qui vous redonnent espoir et vous font soupirer. De plaisir, puis de déception : à peine eu le temps de mâcher, c’est déjà fini…

Moïse habite Paris, au cœur du quartier juif de la rue Bleue, avec son père – austère et intimidant – depuis que sa mère est partie. Son activité principale consiste à voler l’« Arabe du coin », monsieur Ibrahim. Mais monsieur Ibrahim n’est pas « Arabe », juste épicier au grand cœur, et musulman. Prenant le jeune Momo sous son aile, il va lui apporter tout ce que son père n’a pas su lui donner, et lui ouvrir les portes de la tolérance et de l’acceptation. Maître à penser autant qu’ami, sage et père, monsieur Ibrahim parle parfois par énigmes, n’en dit jamais trop et laisse au jeune Momo éperdu d’affection le soin de se faire son propre avis sur ce monde. Embarqués dans un voyage vers l’Orient, sorte d’ultime pèlerinage vers l’origine pour le vieux monsieur, ils vont s’affranchir de leurs craintes et de leurs blessures.

 

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Un très court récit aux allures de conte, drôle et tendre. On s’attache tant à ces deux là que c’est le cœur lourd qu’on tourne la dernière page…

 

eric emmanuel schmitt

 Eric-Emmanuel Schmitt


« Nous avions plein de jeux. Il me faisait entrer dans les monuments religieux avec un bandeau sur les yeux pour que je devine la religion à l’odeur.

        Ici, ça sent le cierge, c’est catholique.

        Oui, c’est Saint-Antoine.

        Là, ça sent l’encens, c’est orthodoxe.

        C’est vrai, c’est Sainte-Sophie.

        Et là, ça sent les pieds, c’est musulman. Non, vraiment là, ça pue trop fort…

        Quoi ! Mais c’est la Mosquée Bleue ! Un endroit qui sent le corps ce n’est pas assez bien pour toi ? Parce que toi, tes pieds, ils ne sentent jamais ? Un lieu de prière qui sent l’homme, qui est fait pour les hommes, avec des hommes dedans, ça te dégoûte ? Tu as bien des idées de Paris, toi ! Moi, ce parfum de chaussettes, ça me rassure. Je me dis que je ne vaux pas mieux que mon voisin. Je me sens, je nous sens, donc je me sens déjà mieux !

À partir d’Istanbul, monsieur Ibrahim a moins parlé. Il était ému. »

 

Petite confession : en fait, j'avais bien déjà lu du monsieur Schmitt... mais j'avais oublié car il a atterri dans les Laissés pour (solde de tout) compte...

Comme quoi, il ne faut jamais hésiter à revenir sur des lectures en souffrance !

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