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Les visages, Jesse Kellerman

Publié le par Arianne

LesVisages.jpg

Voyons voir : j’ai en permanence 10 ou 15 livres en attente sur ma table de nuit (paraît qu’on dit PAL – pile à lire – dans le jargon bloguesque mais je suis de la vieille école !) et quand j’ai oublié celui-là – Les visages – je me suis sentie perdue et orpheline pendant 2 jours. Voilà qui me paraît bien résumer la dépendance qui peut survenir à la lecture de ce « thriller ».

Oui, c’est écrit « thriller » sur la couverture et c’est bien la seule chose qui me dérange dans l’affaire. Car tous ceux qui s’attendent à frémir sans pouvoir fermer l’œil de la nuit, terrés au fond de leur lit après avoir vérifié 15 fois qu’ils ont bien fermé la porte à clé et que non, ces bruits bizarres ne viennent pas d’un psychopathe caché dans le placard, vont être déçus.

Pas vraiment thriller, donc, mais un sacré bon roman qui tient en haleine sans faillir !

Bon, de quoi s’agit-il ? Ethan, la trentaine, tient une galerie d’art à New York et entretient une relation plus ou moins libre avec une célèbre galeriste. Côté famille, ce n’est pas vraiment ça : sa mère est morte quand il était jeune et il ne parle plus à son père que par l’entremise de son homme de main, le distant mais néanmoins sympathique Tony. Quand celui-ci l’appelle pour venir jeter un œil sur des cartons de dessins, il ne se doute pas de ce qui l’attend : une œuvre magistrale, tant par ses proportions que par son talent, là, à disposition dans des dizaines de cartons. L’artiste, Vicor Cracke, est introuvable. Qu’importe, Ethan s’approprie l’œuvre et réalise un coup de maître. C’est alors qu’un ancien flic à la retraite reconnaît sur un dessin les visages de plusieurs enfants tués il y a des années de ça, des crimes qui sont restés inexpliqués et impunis.

Notre héros se retrouve alors plongé dans une enquête complexe et passionnante, d’autant que son histoire familiale ne semble pas être étrangère à cet imbroglio. Nous plongeons régulièrement dans le passé pour suivre les pérégrinations de ses ancêtres et découvrir la lignée Muller, pleine d’aventures rocambolesque et de secrets qui font froid dans le dos.

Outre un suspens évident, il y a le style de Jesse Kellerman, très séduisant (le style, pas l’auteur, quoique, jugez vous-même :)

 jesse-kellerman.jpg

C’est tout à la fois un roman sur l’art, sur le milieu artistique new yorkais, traité avec humour et sarcasmes ; sur la famille, la lignée, les relations, les non-dits et les carcans qui traversent les générations ; sur la solitude, aussi, la perte et l’attachement.

Si vous vous dites, arrivé là, que le milieu de l’art ne vous botte pas plus que ça, que vous adorez les thrillers sanglants qui font froid dans le dos ou qu’au contraire, de toute façon vous ne lisez jamais de polar, non vraiment c’est pas votre truc, alors ce livre va vous plaire, c’est sûr ! Et à tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la description ci-dessus, je n’ai qu’une chose à dire : qu’attendez-vous pour ouvrir la première page de ce livre ?

C’est cadeau : la voilà :

« Au début, je me suis mal comporté. Je ne vais pas vous mentir, alors autant jouer cartes sur table dès maintenant : si j’aimerais croire que je me suis racheté par la suite, il ne fait aucun doute que mes intentions, du moins au début, ont manqué quelque peu de noblesse. Et encore, c’est un euphémisme. Alors puisqu’il faut être honnête, soyons honnête : j’étais motivé par l’appât du gain et surtout par le narcissisme ; un sentiment de toute-puissance profondément enraciné dans mes gènes et dont je semble incapable de me débarrasser, bien qu’il me fasse parfois honte. Déformation professionnelle, j’imagine, mais aussi une des raisons qui m’ont poussé à tourner la page. “Connais-toi toi-même”.

Et merde. Je m’étais promis de faire un effort pour ne pas parler comme un sale con prétentieux. Il faut que je fasse plus roman noir ; en tout cas j’aimerais bien. Mais je ne crois pas que ce soit mon truc. D’écrire par petites phrases hachées. D’employer des métaphores graveleuses pour décrire des blondes sensuelles (mon héroïne est brune, pas spécialement du genre sensuel ; elle n’a pas les cheveux noir de jais lâchés en une crinière dégoulinante ; ils sont châtain clair et la plupart du temps pragmatiquement attachés en arrière – des queues-de-cheval soignées ou des chignons improvisés – ou bien juste coincés derrière les oreilles). Je n’y arrive pas, alors pourquoi me forcer ? »

Pour la suite, c'est par là...

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Apolline Fort 02/02/2011 09:41


hihi :D
Et ok j'y penserais pour le bouquin ... mdrr !! :)
Bisous


Apolline 01/02/2011 18:30


"Car tous ceux qui s’attendent à frémir sans pouvoir fermer l’œil de la nuit, terrés au fond de leur lit après avoir vérifié 15 fois qu’ils ont bien fermé la porte à clé et que non, ces bruits
bizarres ne viennent pas d’un psychopathe caché dans le placard" Sérieu ??? c ce que tu fais quand tu lis un thriller ??? mdrrr :p
trève de plaisanterie ça a l'air bien !!! Et oui il est pluto séduisant l'auteur :D


Arianne 02/02/2011 09:32



Hé dis-donc, t'arrête de faire ta maline toi ! Va donc lire du Stephen King toute seule en Ardèche, on en reparle après  


Et sinon, pour un vrai bon thriller qui foutera les j'tons aux trouillards et tiendra en haleine les autres, je conseille : Seul le silence de Ellory (à ne pas confondre avec
Ellroy !)


Bisous