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Les témoins de la mariée, Didier van Cauwelaert

Publié le par Arianne

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Grosse déception pour ce van Cauwelaert sans verve et sans magie.

Bany, Lucas, Jean-Claude et Marlène viennent d’apprendre que leur meilleur ami, Marc, va se marier. Sa fiancée, une chinoise dont personne n’a jamais entendu parler, arrive le lendemain. Moitié mentor, moitié mécène, Marc est l’artiste, celui a réussi, qui fait les unes des magazines people et celui autour duquel les quatre amis se concentrent, grâce auquel chacun trouve place. L’un conduit ses voitures, un autre couche avec ses femmes, le troisième dort dans sa maison et tous jouissent de son aura et de ses richesses.

Mais Marc vient de mourir.

Sous le choc, les quatre amis décident de ne rien révéler à la fiancée et vont la chercher à l’aéroport, chacun se débattant dans ses états d’âme et son chagrin.

Yun n’a pas seulement une plastique à faire oublier aux garçons la perte de leur ami, elle est aussi bien plus maligne qu’elle ne le laisse croire. S’ensuit une drôle de mascarade où chacun joue un rôle pour échapper à la douleur de la perte, à une vie étriquée, à des amours imaginaires.

Après la petite merveille de L’éducation d’une fée et le très délicat et bouleversant Un aller simple, soyons honnête, je trouve Les témoins de la mariée complètement raté. Mauvais. Les personnages sont caricaturés, énervants, voire franchement désagréables. La mort du meilleur ami est complètement reléguée au dernier plan au profit de la bimbo chinoise qui en quelques jours parvient à résoudre tous les problèmes existentiels de chacun des personnages.

Sous couvert d’une réflexion sur l’amitié, sur la perte et l’accomplissement de soi, l’auteur ne réussit pas à donner une âme à son récit qui manque de tout ce qui avait fait la réussite des précédents : une langue vive, pleine d’humour, de poésie et de trouvailles ; des personnages attachants, émouvants par leurs faiblesses et leurs tourments autant que par leur regard plein d’espoir sur l’avenir.

Dommage…

« On lève les yeux vers Yun qui tournoie en cage au bout d’un câble en nous envoyant des bisous. Lucas n’a pas tort. C’est le seul d’entre nous qui soit heureux en ménage. Ca lui donne le droit de ne pas comprendre l’émotion décapante qui, au pire moment de notre vie, remet soudain en question notre chagrin sans prise et nos amours chaotiques.

Il n’est pas question d’oublier Marc, au contraire. Se focaliser sur Yun, c’est retrouver le centre de gravité que nul autre que lui ne nous a jamais offert.

– Je pense qu’elle est au courant, pour Marc.

Ils pivotent vers moi avec des airs de crevettes ébouillantées.

– Tu rigoles ?

Je leur expose mon intuition, mes soupçons, mon point de vue. J’y ajoute une supposition qui vient de me venir : c’est à l’un d’eux qu’elle avouera dans un moment qu’elle joue notre comédie, en lui demandant de ne pas le dire aux autres. Moi j’ai eu ma part de confidences. Et si elle veut faire l’unanimité entre nous, elle a intérêt, sur un plan tactique, à nous ferrer à tour de rôle.

– C’est bien les Chinois, ça, siffle Lucas entre ses dents.

– N’importe quoi, s’écrie Jean-Claude. C’est une gamine qui joue les femmes délurées par souci d’intégration, c’est tout, parce que l’image des Français à l’étranger c’est toujours queutards et compagnie. Si elle avait appris la mort de Marc, tu crois qu’elle irait s’éclater sur un manège ? Non, Marlène, désolé, toutes les femmes ne sont pas aussi tordues que toi. Ni aussi négatives que celles que tu fréquentes.

Je me tourne vers Bany qui ne fait pas de commentaires. Lui, il a vu Yun à l’œuvre dans la cabine du tailleur ; il sait à quoi s’en tenir, et combien sa stratégie d’expansion amoureuse peut être bénéfique pour tout le monde.

– Elle n’est ni tordue ni perverse, Jean-Claude, dis-je en contenant mon agacement. Elle assure, c’est tout. Sa seule chance d’avenir, c’est de nous plaire. »

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