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Le tour de valse, Pellejero et Lapière

Publié le par Arianne

 

Russie, 1953. Kalia part au cœur de la Sibérie à la recherche de son mari arrêté il y a 7 ans et envoyé dans un camp de prisonniers. Elle laisse ses deux enfants à qui elle écrit régulièrement. Ensemble, depuis le départ de Vitor, ils rédigent un livre – le livre de Papa – pour donner vie à celui qui n’est plus, celui qui a quitté le monde des vivants pour celui des camps, là où tout est fait pour que l’homme devienne pire qu’une bête, pour rien, simplement parce que le régime en a décidé ainsi.

 

Le dessin de Pellejo est d’une force incroyable, riche de jeux d'ombres et de lumières. Certaines vignettes sans texte sont d’une éloquence rare et émouvante. Le destin tragique de cette famille, comme tant d’autres avec elles, rappelle l’absurdité et la violence des régimes dictatoriaux. Prête à tout pour retrouver la trace de son mari, Kalia va rencontrer d’autres prisonniers libérés – anciens "Zek", ennemis du peuple –  qui veulent témoigner de ce qu’ils ont vécu, pour que cela prenne corps, pour que les gens sachent. Elle découvrira ainsi ce que renferment ces endroits, au-delà de la maltraitance, de la peur, du froid et de la faim. Et elle apprendra ce qu'est « le tour de valse » qui bouleversera sa vie, déjà bien ébranlée.

 

 

Sobre, d’une justesse touchante dans l’expression des sentiments, Le tour de valse révèle la force de l’amour d’une mère et d’une épouse, la volonté d’une prisonnière prête à tout pour échapper à son sort, la faiblesse des hommes, la cruauté et l’absurdité du communisme soviétique, l’humiliation, la reconquête de soi et des autres.

 

Le dessin de Pellejo est magistral et le récit de Lapière édifiant.

 

« Mes chéris,

Vous me manquez beaucoup. Aujourd'hui, comme les autres jours, je porte de la tourbe volée pour mémère Grounia. Elle ne parle toujours pas des camps ni des prisonniers mais je saurai la convaincre, croyez-moi. Parfois dans ses regards muets, je lis une envie brûlante de dire, mais les mots ne lui sortent pas de la bouche, elle se méfie. Du reste, moi aussi. Il nous reste du chemin à parcourir.

J'ai capturé un moustique - un gros - un de plus - pour le livre de papa. Ici, l'été, on dirait qu'il en naît dix sous chaque caillou... »

 

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Apolline 17/04/2010 15:50


Ah mince ... lol ! bah pas à la BU de la fac ça c sur !!!! Il faudra que je m'inscrive à une bibli à aix !


Apolline 16/04/2010 19:42


ça n'a pas l'air bien gai ... mais ta critique m'a donné envie de le lire :) quand je viendrais te voir je le lirais !


Arianne 17/04/2010 15:47



Ce n'est pas gaie, bien sûr, puisque ça traite de sujets graves, mais ce n'est ni glauque ni déprimant. Cela reste factuel, sans pathos, avec des sentiments justes et touchants.


Malheureusement, je ne pourrai pas te la prêter car je l'ai empruntée à la bibli ! Tu crois que tu pourrais trouver ça à la BU entre le code pénal et le droit du travail ??