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Le premier été, Anne Percin

Publié le par Arianne

Rentrée littéraire 2011

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« Je ne sais pas pourquoi je suis là, mais je ne peux pas être ailleurs. Sur la planète entière, il n’y a pas de place pour moi sinon là. »

Le premier été, c’est celui que Catherine va confesser. Un été comme bien d’autre pour sa sœur : les grands-parents, la piscine, la colo, les boums et les copains. Mais pour Catherine, il s’est passé quelque chose cet été-là, quelque chose d’unique, de troublant, quelque chose qu’elle n’a jamais pu avouer et qu’elle porte en elle avec des sentiments mêlés. Comment pourrait-il en être autrement quand la plus belle chose que vous ayez ressentie dans vos 16 premières années est aussi celle qui vous fait le plus honte ?

Dans ce récit de vacances où l’on retrouve avec une certaine nostalgie l’odeur de l’été, l’ambiance des bals de village, la langueur des journées chaudes et mornes où rien ne passe d’autre que le temps, Anne Percin parvient à installer le malaise, qui couve doucement sous la légèreté de l’insouciance adolescente, sous la douceur des jours paisibles à la campagne. On sourit au souvenir des BN et des tests de OK !, des chansons de Jean-Louis Aubert et des Rita Mitsouko. Ca sent l’été et les années 1970-1980. Ca sent aussi la fin de l’enfance, la culpabilité et la rédemption.


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 Anne Percin

 

« Il venait d’apprendre la raison à grands coups de pied dans le cœur. Les leçons de courage sont des leçons de cruauté. Le petit Alain avait renoncé à adopter le chaton blanc, renoncé à savoir si c’était un mâle ou une femelle, renoncé à lui donner un nom, il était en train de renoncer à le savoir vivant. À le voir si raisonnable, si distant, ravalant sa peine et les larmes qui auraient dû couler, on comprenait qu’il venait de vieillir prématurément. Tous les crève-cœurs de l’enfance sont des douleurs saignantes qui se referment et laissent des cicatrices. La sagesse n’est rien d’autre qu’un réseau de stigmates. »


« L’air était saturé de petites odeurs qui passaient comme des fantômes, des trainées de foin coupé, des effluves d’écurie et l’odeur de la terre arrosée à l’arrière des maisons, dans les potagers, par bouffée joyeuses. Je me serais bien satisfaite d’une promenade tranquille à la tombée du jour, sans autre but que de contempler la lune qui se levait, bras dessus bras dessous avec mémé, comme quand on était petites.

Mais nous n’étions plus petites et quelque chose de terrible, l’adolescence, nous jetait sur la route, les yeux hagards, les mains froides, comme des zombies dans le clip de Thriller. »

 

De fil en aiguille...

la blessure la vraie  ovaldé  heritage esther

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Anis 31/12/2011 12:51

Oui, c'est tout à fait cela, cette atmaosphère... Cette violence sourde qui couve sous l'apparente langueur ensommeillée de l'été.