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Le passage, Louis Sachar

Publié le par Arianne

le passage

Vous en avez marre que votre ado ne lise que des histoires de vampire ou qu’il ne jure que par le fantastique ? Faites-lui lire Le passage : mystère, frisson et aventure sont au rendez-vous. Le récit se déroule « pelles creusant » au camp du Lac Vert, rythmé par la courbe du soleil et le ballet des redoutables lézards à tâches jaunes. On transpire, on fatigue, on tremble, on se fige, on halète. On rit beaucoup, aussi, et on attend la révélation du mystère.

C’est peut-être le moment de vous le dire : au camp du Lac Vert, il n’y a pas de lac. Il n’y a qu’une immense étendue de désert écrasée d’un soleil meurtrissant et la moindre parcelle d’ombre bienfaitrice est prise d’assaut par les mortels lézards. Les jeunes garçons envoyés au camp ne sont pas en vacances, ils sont là pour écoper leur peine et en fait de peine, ils sont servis : chaque jour, ils doivent creuser un trou dans cette étendue désertique et sous un soleil de plomb. Gare à celui qui ne sait pas économiser son eau !

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Stanley se retrouve donc dans cette galère parce que tout le monde croit qu’il a volé une paire de baskets. En réalité, Stanley, comme tous les hommes de sa famille depuis des générations, se trouve toujours au mauvais endroit au mauvais moment. La légende familiale veut que ce soit la faute de cet « horrible-abominable-vaurien-d’arrière-arrière-grand-père-voleur-de-cochon » qui, en ne respectant pas sa promesse, a récolté la malédiction qu’il a gentiment transmise de génération en génération.

Peut-être bien que c’est à cause de cette fichue malédiction que Stanley se retrouve en train de creuser des trous. Ou alors, c’est pour honorer une bien vieille promesse qui n’a jamais été tenue. Ou encore pour découvrir ce que cache cette mystérieuse chasse au trésor…

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Quoi qu’il en soit, impossible de reprendre son souffle, alors un bon conseil : ne partez pas déshydraté car vous ne pourrez plus vous arrêter !

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Louis Sachar

« – On n’est pas dans un camp de Girl Scouts, ici, répéta Mr Monsieur. […] Regarde un peu autour de toi, lui dit Mr Monsieur. Qu’est-ce que tu vois ?

Stanley jeta un coup d’œil à la vaste terre désolée qui s’étendait devant lui. La chaleur et la poussière semblaient donner à l’air ambiant une épaisseur presque palpable.

– Pas grand-chose, répondit-il ; puis il ajouta précipitamment : Mr Monsieur.

Mr Monsieur éclata de rire.

– Est-ce que tu vois des miradors, demanda-t-il.

– Non

– Des clôtures électrifiées ?

– Non, Mr Monsieur.

– Il n’y a même pas de clôture du tout, n’est-ce pas ?

– Non, Mr Monsieur.

– Tu as envie de t’évader ? demanda Mr Monsieur.

Stanley se tourna vers lui, sans très bien comprendre ce qu’il voulait dire.

– Si tu as envie de t’évader, vas-y, cours. Je n’essaierai pas de t’en empêcher.

Stanley ne savait pas à quel jeu jouait Mr Monsieur.

– Je vois que tu regardes mon pistolet. Ne t’inquiète pas, je ne vais pas te tirer dessus.

Il tapota son holster.

– Ca, c’est pour les lézards à tâches jaunes. Je n’irais pas gâcher une balle pour toi.

– Je n’ai pas l’intention de m’évader, dit Stanley.

– Excellente façon de voir les choses, dit Mr Monsieur. Personne ne s’évade d’ici. On n’a pas besoin de clôture. Tu sais pourquoi ? Parce que nous possédons les seules réserves d’eau qui existent à des kilomètres à la ronde. Tu veux t’évader ? Très bien, les busards seront ravis de trouver ton cadavre.

Stanley vit quelques garçons de son âge habillés en orange qui se traînaient vers les tentes, une pelle sur l’épaule.

– Tu as soif ? demanda Mr Monsieur.

– Oui, Mr Monsieur, répondit Stanley plein d’espoir.

– Eh bien, il faudra t’y habituer. Tu vas passer dix-huit mois à avoir soif. »

A partir de 12 ans, Ecole des Loisirs, coll. Medium.

 

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