Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le combat d'hiver, Jean-Claude Mourlevat

Publié le par Arianne

combat-d-hiver.jpg

Hélène et Milena sont pensionnaires d’un orphelinat où il ne fait pas bon vivre, d’une rigueur et d’une discipline extrêmes où les règles sont à respecter scrupuleusement si on ne veut pas finir au Ciel, cet endroit que tout le monde redoute – cachot infâme et glacial où seules celles qui parviennent à apercevoir un petit bout de ciel dessiné sur une poutre, avant de sombrer dans l’obscurité, pourront survivre.

Chacune des pensionnaires a le droit de visiter sa « consoleuse », sorte de mère de remplacement qui leur procure réconfort, chaleur, amour et bons petite plats, tout ce qui leur manque dans ce lieu inhumain qu’elles habitent.

combat-hiver.jpg

C’est lors d’une visite à leur consoleuse que les deux filles vont croiser Milos et Bartolomeo, pensionnaires de l’orphelinat pour garçons.

Cette rencontre va marquer le début de grands bouleversements et les quatre amis sont loin de se douter de l’ampleur des conséquences de cette rencontre.

Car ces quatre-là ne sont pas n’importe qui, ils sont enfants de résistants, de révolutionnaires. Et par leur courage, leur volonté, leur combativité, ils vont faire renaître les idéaux de leurs parents. Ils ont décidé de prendre leur vie en main. La révolution est en marche.

barbeles.jpg

Des évasions, des poursuites dans la montagne et la menace des redoutables « hommes-chiens », la découverte de la ville, de la Phalange – le gouvernement qui fait régner la terreur et condamne toutes les libertés – l’amitié, la découverte de l’amour, les secrets qui se dévoilent les après les autres et qui laissent entrevoir un nécessaire combat en souvenir de parents disparus. Milena va combattre avec sa voix, Milos avec ses bras, chacun donnant de soi entre combat idéologique et combat physique. Certains seront perdus mais au moins se seront-ils affranchis des prêts-à-penser et du carcan dans lequel ils étaient liés.

envol.jpg

Jean-Claude Mourlevat signe là un roman fabuleux où les rebondissements tiennent en haleine autant que les émotions suscitées par le caractère des quatre héros. Plus ambitieux que La rivière à l’envers (pour un public plus jeune), il réussit une magnifique fresque et mélange les genres sans jamais perdre l’intérêt du lecteur. Tour à tour roman fantastique, récit d’aventures, roman initiatique, histoire d’amour, fable idéologique, Le combat d’hiver nous laisse bel et bien KO. Et comme à chaque fois avec J.-C. Mourlevat : on en redemande !

mourlevat2.jpg

Jean-Claude Mourlevat

« Elle résista une temps qui lui parut infini, mais peut-être était-ce seulement une heure, et elle résolut de craquer la première allumette. Elle en brûlerait une après chaque visite, une par jour donc, ainsi elle ne les gaspillerait pas trop vite. Elle se leva et tira sa couchette jusqu'au mur du fond. En se tenant debout dessus, elle se trouvait tout près de la poutre donc on lui avait parlé... Au moment de frotter la petite boule de soufre sur le côté de la boîte, elle eut une angoisse soudaine : et s'il n'y avait rien sur cette poutre ? Ni ciel et ni nuage ? Ni dessin d'aucune sorte ? Quelle déception ce serait ! Et s'il y avait quelque chose, est-ce qu'elle le verrait seulement sans ses lunettes ? Elle hésita quelques secondes, puis se décida finalement. L'allumette s'enflamma du premier coup, et Catharina fut stupéfaite de voir à quel point elle parvenait à éclairer le cachot tout entier. Elle leva son bras tremblant vers la poutre et elle vit.

Oui, il y avait un bout de ciel peint sur le bois à demi-moisi. Il ne mesurait pas plus de trente centimètres sur quinze et le bleu azur avait sans doute pâli, mais c'était un ciel, assurément ! On le voyait au nuage qui complétait le dessin, sur la gauche. [...] Catharina observa, fascinée. Il lui sembla que la vue de ces couleurs, même dans le floue de sa myopie, l'arrachait au ventre sombre de la terre et la ramenait à la vie d'en haut, il lui sembla que le vent soufflait dans ses cheveux, que le sang coulait à nouveau dans ses veines.

Le noir soudain revenu et la vive brûlure au bout de ses doigts la ramenèrent à la réalité : elle venait de consumer sa première allumette. Il n'en restait plus que sept désormais. Mais qu'importe, elle avait vu le Ciel, et elle en était plus forte. Elle se recoucha pleine de courage.

Ne t'en fais pas, Milena ! Va là où tu dois aller ! Fais ce que tu dois faire ! Je résisterai, pour toi, pour Helen, pour toutes ! N'ayez crainte les filles : la petite Catharina Pancek a vu le Ciel et elle tiendra le coup ! Elle vous en bouchera un coin !

Les larmes trempèrent son mouchoir, mais la Tank pouvait aller se faire voir : ce n'était pas des larmes de tristesse ni de peur. »

 

A partir de 12 ans

Gallimard, 2006.

Dans le labyrinthe

Le site de l'auteur

Une interview de l'auteur sur le site Lirado

Commenter cet article

Apolline 22/10/2010 09:05


Mince c'est encore un roman de jeunesse qui a l'air de me plaire !! lol


Arianne 22/10/2010 23:23



Le diagnostic se confirme mademoiselle... ;)


Aujourd'hui : arrivage et déballage d'un 20e de cartons Ecole des loisirs !!! (éditeur jeunesse uniquement !) C'est comme Noel... mais en mieux ;) Je parie que dans le lot il y en aura des pour
toi.


Bizzzz