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Château de sable, Pierre-Oscar Lévy, Frederik Peeters

Publié le par Arianne

 

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La couverture ne m’attire pas vraiment, je feuillette et l’intérieur guère plus, je ne suis pas sensible au dessin un peu grossier, noir et blanc. Mais quand même ! Sélection Angoulême 2011 et une presse dithyrambique. Allez, je plonge. Et je ne me force même pas pour tourner les pages.

L’été, quelque part. Une famille arrive à la plage. La crème solaire, le pique-nique, le parasol, toutes les considérations du vacancier sont là, même les bougonnements de l’ado, les réflexions idiotes de la mère et l’insouciance de l’enfant. On pourrait nager en plein cliché si la pâte de Peeters et le malaise induit ne laisser présager que quelque chose va basculer.

Une autre famille arrive, même configuration. La plage ne ressemble toutefois pas vraiment à la plage, l’ambiance est étrange, collante, on n’aime déjà pas trop cet endroit et on en partirait bien si, comme les personnages, nous n’étions pas retenus par une force inexplicable.

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C’est alors que l’on découvre le cadavre d’une jeune fille dans l’eau et que le coupable idéal se montre : un maghrébin. Tellement idéal qu’il est resté là à attendre qu’on l’accuse. Bon, mais il ne s’agit ni d’un polar, ni d’un « 15 août » franchouillard. Non. Le trait est sombre, torturé, presque dérangeant. Les visages ne sont pas beaux, presque déformés.

C’est d’abord imperceptible, on n’y prend pas garde (les enfants sont boudinés dans leur maillot), puis les faits ne peuvent plus être niés : les gamins ont grandi. Non : vieilli.

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Que se passe-t-il sur cette plage ? Quel phénomène inexpliqué ? Quelle « force » qui empêche de s’en échapper ? Le malaise grandit, accentué par la laideur des visages vieillissants.

Une BD graphique troublante dans la forme mais qui tient quand même le lecteur par l’accélération des événements et le mystère sous-jacent.

Entre fantastique, horreur et conte, une réflexion sur la fin inéluctable, sur le temps qui passe et ce qu’on en fait. Le château de sable, au fond, n’est-il pas l’image de la vie, celle qu’on érige tant bien que mal et qui, dès la première marée, est balayé par une mer indifférente ? Si c’est cela, plus de temps à perdre !

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Pierre-Oscar Lévy, documentariste (notamment sur la Grotte Chauvet), est aussi auteur d’un blog sur Mediapart où il décrypte notamment certaines de ses préoccupations sociales et environnementales, et, à l’occasion de la parution de Château de sable, il nous en dit aussi un peu plus long sur l’idée de ce scénario et sur cette drôle de plage, théâtre de vies en accéléré où chacun doit affronter ses propres fantasmes et angoisses existentiels.

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Plage de Gulpiyuri, Asturies


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