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La tranchée, Adam, Cady, Marchetti

Publié le par Arianne

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Sauveur Albertini arrive dans la tranchée et, sitôt passé la porte de la baraque, tombe sur un soldat mort. Rien d’exceptionnel en tant de guerre sauf que celui-ci a été tué par les siens, là, d’un coup de baïonnette dans le cœur. Le lieutenant est bien décidé à mener l’enquête malgré l’évidente hostilité et la mauvaise volonté de cette unité. Il prend le commandement et mène une pseudo-enquête qui met les nerfs de toute l'équipe à rude épreuve. Le mort avait a priori de nombreux ennemis et chacun ici avait de bonnes raisons de lui en vouloir et de ne pas le regretter. 

Les combats font rage, détournant Sauveur de son pieux dessein, et la mort implacable s’abat partout le laissant totalement démuni. Informateur, il n’a pas l’habitude du terrain et semble avoir une vision un peu manichéenne du bien et du mal. Confronté aux combats, ses croyances vont chanceler. Qui donc mérite dans ce contexte d’être appelé un assassin ?

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Je n’ai pas été très sensible aux dessins, simples, sans trop d’expression ni d’originalité. La composition est très classique, très peu de dialogues, la plupart des planches sont l’illustration des combats, féroces, sanglants et sombres, marqués par les teintes bleues nuit et violine.

Les dernières pages sont belles, mouchetées de flocons de neige qui s’abattent sur Sauveur comme la mort qui rôde, comme la folie et la vanité de cette triste guerre. L’exergue rend un juste hommage aux victimes de cette guerre mais on ne comprend pas bien ce que l’auteur veut prouver ou démontrer, si ce n’est la violence des combats et leur nécessité absurde qui contraint chacun à devenir un meurtrier. 

tranchée neige

« et si le meurtrier n’était jamais parti d’ici. S’il était parmi nous… croyez-vous que nous irions vous le dire ? des hommes d’honneur, unis dans la mort qui guette… voilà ce que nous sommes… dans la boue, la merde, les tripes des camarades… dans la peur… des hommes d’honneur… »

« Ô jeunes gens je m’offre à vous comme une épouse

Mon amour est puissant j’aime jusqu’à la mort

Tapie au fond du sol je vous guette jalouse

Et mon corps n’est en tout qu’un long baiser qui mord »

Guillaume Apollinaire, La tranchée

 

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