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La mer Noire, Kéthévane Davrichewy

Publié le par Arianne

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Tamouna fête son anniversaire. Elle a 90 ans et des souvenirs plein le cœur. Avec émotion et nostalgie, elle revient sur ses années passées.

Des allers-retours entre un passé géorgien au cœur de son village natal où elle a rencontré Tamaz et sa vie parisienne d’aujourd’hui, entourée de la famille et des quelques amis qui subsiste.

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C’est à Batoumi qu’elle croise Tamaz et alors que cette rencontre bouleverse sa vie, toute la famille est contrainte de fuir pour échapper au régime. L’exil. La nostalgie des souvenirs. Une vie à reconstruire. Mais surtout, comme fil rouge de son histoire, Tamaz.

Le portait d’une femme qui a porté toutes sa vie en elle un amour inassouvi, intact car en suspens  – stérile ? – d’un homme, et la nostalgie de son pays .

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Une histoire tendre d’une sensibilité exquise, une langue délicate, des sentiments touchants et l’esquisse de la vieillesse, de ce qu’il reste quand on a vécu.

Un tout petit livre comme une bouchée de tendresse et de plaisir.

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Kéthévane Davrichewy

« Elle  n’ouvre pas les albums de famille. Elle préfère rester assise sans rien faire, ses pensées l’occupant suffisamment. Dans ces moments-là, elle marche et court comme autrefois. Elle peut aller n’importe où, sa mémoire n’a pas de limite. Elle en savoure l’infini. A cet instant, elle ne pense à rien, elle fixe la fenêtre, la rambarde du balcon. Une abeille se pose sur une fleur. On est en avril, bientôt ce sera l’été. Le parfum de Paris, l’atmosphère de la rue changeront, les voix résonneront sur les trottoirs, les jours rallongeront. Ils partiront en vacances, elle sera seule en ville sous la protection de Mohamed. A force d’immobilité, elle est devenue perméable au moindre frémissement d’une feuille, au bourdonnement d’un insecte. Elle remarque des choses qu’elle n’aurait jamais notées auparavant. Un accent différent, une intonation dans la voix. Elle peut déceler une pointe de souffrance ou un élan de gaieté. Les enfants crient dans la cour, c’est l’heure de la récréation, la lumière commence à envahir le square. Ses journées devraient se ressembler, ponctuées ainsi par les mêmes sons, la régularité de la vie extérieure. Ce n’est pas le cas. Les visites apportent avec elles un vent d’imprévu. Elle les guette avec impatience. L’été, ce sont les cartes postales. Certains prennent soin de les choisir. Leurs cartes ont un pouvoir d’évocation très fort. Plus que les photos. La surface de l’eau, l’horizon sur la mer, le champ de blé derrière la maison, ces lieux qui lui sont désormais interdits. »

Editions Sabine Wespieser, 2010 (coll. 10 18, 2011).

Prix Landerneau 2010

Prix Version Femina/Virgin 2011.

Dans le labyrinthe

La vidéo de la présentation du livre par l'auteur : Kéthévane Devrichewy décrypte son récit, lié à son histoire familiale.

 

De fil en aiguille

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