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La communauté, Tanquerelle et Yann Benoît

Publié le par Arianne

 

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« On a beau dire, la “Révolution” de 68 avait secoué la société française.

Des idées nouvelles apparurent et de nombreuses expériences en découlèrent.

Le mouvement communautaire en fut une, et sa manière assez radicale de vouloir fonder une “société nouvelle” a suscité de nombreux fantasmes et fait couler beaucoup d’encres dans les années 1970. Mais contrairement aux idées reçues, chaque communauté vivait cette expérience à sa façon.

Ce livre raconte l’histoire de l’une d’entre elles, à travers le regard et le vécu d’un de ses membres. C’est le récit d’une aventure personnelle au sein d’une aventure collective. Il pourrait donc y avoir autant de regards différents que de participants.

Mais si l’on se replace à cette époque, chacun, à sa manière, pensait sans doute vivre une seule et même histoire ». Les auteurs

 

Vous l’aurez compris – les auteurs l’expliquent parfaitement – les deux tomes de cette BD retracent les entretiens que le dessinateur Tanquerelle a menés avec Yann Benoît, ancien membre d’une communauté installée dans une minoterie. On y découvre la genèse de ce projet, la mise en place avec l’achat de la propriété et tout le processus de règles à établir, de répartition des tâches, de travaux agricoles et ménagers, l’organisation familiale, l’éducation des enfants, la participation à toutes les activités nécessaires au bon fonctionnement de la communauté et à sa survie. Tous motivés par le même refus de la société de consommation, ils créent un atelier de sérigraphie et vont organiser leur activité de manière à être totalement autonome. Ils ont tout à apprendre et ils vont tout faire eux-mêmes, même tuer le cochon et construire des nouvelles maisons.

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Tout le monde met la main à la pâte, sans distinction de sexe par activité : les femmes s’occupent elles aussi de conduire le tracteur ou de réparer la toiture et les hommes d’amener les enfants à l’école ou de faire les lessives. À une époque où les préjugés et les critiques allaient bon train sur les communautés hippies et leurs mœurs douteuses, cette communauté renoue avec la nature sans ménager sa peine au travail pour vivre selon ses besoins réels. Les journées « portes ouvertes » vont permettre à leurs voisins de venir se rendre compte par eux-mêmes du bien-fondé de leur entreprise et ils s’attirent assez rapidement la sympathie des paysans du coin, grâce notamment à leur cave, inépuisable !

Un compte rendu de ces entretiens intelligent, très bien rendu en BD - ­l’exercice n’est pas évident ! -, illustré merveilleusement par le trait tout en rondeurs des dessins de Tanquerelle. En noir et blanc, les illustrations sont très expressives, inventives et porte le récit avec beaucoup d’humour et de finesse. Il y a de très jolies trouvailles, parfois amusantes, notamment quand Yann et Tanquerelle se retrouvent à observer, sur le dos d’une tortue, du haut d’une toiture ou accrochés à des pattes de mouche, ce qui se passe dans la communauté. C’est drôle, humain, plein d’espoir et d’utopie en même temps que teinté d’une certaine nostalgie douce amère.

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« Cela dit, c’était une réaction assez compréhensible, cette envie d’autre chose. Ca devait être assez étouffant parfois, la vie en communauté non ?

- Complètement. C’est pour ça que certains ont eu des envies d’ouverture. Mais ça n’était pas le cas de tout le monde. D’où, encore une fois, des clivages, des frustrations. Il y avait ceux qui voulaient évoluer, ceux qui ne voulaient pas et ceux qui avaient le cul entre deux chaises. »

« L’utopie ça réduit à la cuisson, c’est pourquoi il en faut énormément au départ », Gébé

D'autres planches sur la page Un tout petit peu plus, parce que vraiment, on ne s'en lasse pas !

 

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