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Le vieil homme qui n'écrivait plus, Sokal

Publié le par Arianne

 

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Augustin Morel s’est rendu célèbre dans un certain milieu grâce à son émouvant roman, Marianne. Quand une jeune cinéaste décide d’en faire un film, elle se rend dans le village où se sont déroulés les faits et demande à Augustin de la rejoindre.

Ecrivain sans mots, solitaire, vieillissant, le vieil homme finit par accepter. C’est pour lui l’occasion de replonger dans un passé douloureux et de renouer avec ses vieux démons.

Nous sommes en 44, Augustin rejoint les maquisards et tombe amoureux fou de Marianne. Pour lui commence l’apprentissage de la vie au cœur de laquelle amour et mort vont être sombrement liés en ces temps de guerre.

L’arrivée d’Augustin au village réveille de vieilles blessures et les langues commencent à se délier. Est-il réellement le héros survivant d’une nuit qui a plongé les habitants du village dans l’horreur ?

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D’apparence un peu datée, cette BD est très surprenante dans le traitement de l’intrigue. Trois fils narratifs s’entrecroisent de manière très subtile : l’histoire d’Augustin et de Marianne pendant la guerre, l’histoire actuelle de ce vieil écrivain toujours à la poursuite de son amour perdu et les efforts de la cinéaste pour redonner corps à cette histoire, et une intrigue policière sur une mystérieuse disparition.

sokal planche

Le dessin en noir et blanc donne de la force et de l’émotion au récit. La réalisation est classique mais juste. Une histoire belle et triste qui confronte la force de l’honneur et de la résistance à celle de l’amour.

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Les planches sont parsemées d'extraits du livre d'Augustin qui raconte son histoire et qu'il a intitulé Marianne :

« Les jours qui suivirent mon arrivée, nous sommes retournés, Marianne et moi, vers la rivière ensoleillée de notre enfance pour retrouver ces longues journées d’été d’avant la guerre ; rejouer à des jeux qui désormais n’avaient plus de sens et différer ainsi cet instant que nous guettions et que nous appréhendions tout à la fois.

[…] Marianne était descendue très loin dans la vallée. À cet endroit, la rivière s’élargit et se creuse avant de dévaler en cascade d’un haut mur de pierres qui jadis avait servi à accélérer l’eau pour les besoins d’un moulin dont il ne restait que des ruines. L’eau profonde et calme, en amont du barrage, se prêtait à la baignade et souvent nous nous étions retrouvés à cet endroit pour échapper à l’énorme chaleur de cet été-là. […]

De loin, j’ai aperçu sa silhouette blanche au milieu de la rivière ; mais, au lieu de la rejoindre, je me suis dissimulé dans les roseaux du bord et je l’ai regardée, étrange et merveilleuse, glisser, nue, dans l’eau silencieuse.

Ni elle, ni moi n’avons entendu venir le cavalier allemand… »


 

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