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L'homme du lac, Arnaldur Indridason

Publié le par Arianne

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L’Islande est à la mode ? Profitez-en, voici un aller-retour assuré pour un prix défiant toute concurrence ! Une fois passé la surprise et l’amusement devant quelques noms barbares (Erlendur, Berghtora, Velgerdur…), on plonge avec grand plaisir, en compagnie d’Erlendur et son co-équipier Sigurdur Oli, dans le lac où se trouve un squelette accroché à un appareil d’espionnage russe. Les histoires de disparitions sont légions dans le pays et ça tombe bien, c’est la spécialité d’Erlendur, traumatisé depuis l’enfance par la perte de son petit frère lors d’une virée à la montagne qui s’est soldée par cette fin tragique. À défaut de retrouver un jour ce frère disparu, il excelle dans la résolution d’énigmes. Mais le cas est complexe, les pistes inexistantes et les éventuels indices ou preuves, datées (la disparition remonterait aux années 1960). D’un côté, une jeune crémière éplorée qui attend depuis toujours le retour de son ami disparu, n’ayant laissé derrière lui qu’une Ford Falcon sur laquelle il manque un enjoliveur. De l’autre, de jeunes étudiants idéalistes plongés au cœur du système soviétique dans l’Allemagne de l’Est. Que viennent faire Leipzig, le communisme répressif, la « surveillance réciproque » et des appareils d’écoute russes dans cette histoire ?

Peu adepte ni connaisseuse du genre, j’ai dévoré cette enquête multi-facettes. Il y a le héros solitaire accablé de problèmes familiaux, le co-équipier un peu bougon qui en a marre de jouer les Saint-Bernard, l’ancienne chef de service sous respirateur, une voiture abandonnée, un représentant de machines agricoles évanoui dans la nature, une crémière éplorée, et sur fond de guerre froide, l’histoire de l’Islande et du socialisme soviétique, des étudiants révoltés, des militants espionnés et une histoire d’amour tragique, une de celles qui marque un homme toute sa vie et bouleverse son destin.

 

« La disparition incompréhensible, doublée de la mort d’un être cher, avait laissé son empreinte sur la vie de ces gens. L’affaire n’avait jamais été classée. Leur fils n’était pas rentré à la maison et cela durait depuis toutes ces années. Ils ne savaient ni où il était ni ce qui s’était passé et cette incertitude était porteuse de détresse et d’inquiétude.

- Nous pensons qu’il s’est jeté à la mer, reprit la femme. Il était bon nageur. J’ai toujours dit qu’il avait nagé vers le large jusqu’à ce qu’il soit trop loin pour revenir ou bien jusqu’à ce que le froid l’engourdisse.

- A l’époque, la police nous a dit qu’étant donné que le corps n’avait pas été retrouvé, il ne s’était probablement pas jeté dans la mer, précisa l’homme.

- Tout ça à cause de cette fille, dit de nouveau la femme.

- Nous ne pouvons pas l’accuser, répondit l’homme.

Sigurdur Oli avait l’impression qu’ils se répétaient. Il se leva afin de prendre congé.

- Il m’arrive parfois de ressentir une telle colère contre lui, conclut la femme sans que Sigurdur Oli sache si elle voulait parler de son fils ou de son mari. »

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