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L'année du lièvre, Tian

Publié le par Arianne

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Tome 1. Au revoir Phnom Penh

17 avril 1975 : les khmers rouges prennent le pouvoir au Cambodge et signent la fin de l’occupation américaine. Tout à sa volonté de s’affranchir de l’influence occidentale, le nouveau pouvoir va pousser à l’extrême son éradication.

« Quelques jours avant la prise de la capitale, les forces khmères rouges ont encerclé et pilonné la défense républicaine.

Le 17 avril 1975, les révolutionnaires entrent dans Phnom Penh et prennent le pouvoir. En quelques heures, les khmers rouges vident la ville de ses habitants. »

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C’est la panique à Phnom Penh. Les gens ne comprennent pas ce qui se passe, l’agitation règne dans toute la ville, les soldats ont coupé les ponts, bloquent les routes, les gens sont arrêtés.

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C’est pourtant avec une certaine « légèreté » que Tian raconte l’exode de la famille de Khim à travers le pays et de sa femme, enceinte, qui donnera naissance à son fils sur le trajet. Jetés sur la route, ils vont devoir s’adapter à cette errance, à l’urgence, au manque, tout en cachant leurs origines bourgeoises pour échapper au courroux des révolutionnaires bien décidés à nettoyer le pays des nantis, notamment des intellectuels et des militaires de l’ancien régime. Débrouille, troc, subterfuges ainsi qu’une bonne dose de chance et des amis fiables vont les accompagner dans cette fuite.

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Loin des larmes et du sang, sans pathos ni colère, une manière assez originale d’évoquer cette sombre période de l’histoire du Cambodge.

Le dessin de Tian a quelque chose de Clément Oubrerie (la célèbre série Aya), avec un trait vif, rond et naïf, le soleil et la chaleur en moins. Les teintes pastel ajoutent encore de la douceur au récit au cours duquel les personnages semblent accepter avec une grande philosophie leur triste sort. Tian s’inspire de sa propre histoire, lui qui est né en 1975 au cœur de cet enfer.

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Tian

Le cinéaste et écrivain Rithy Panh (S21, la machine de mort khmère rouge, L’élimination)  signe la préface :

« C’est le propre des grands artistes que de parvenir à donner l’illusion de la simplicité dans la narration de l’impensable.

L’utopie du régime khmer rouge, imaginée par des idéologues radicaux puis mise en œuvre par des dirigeants zélés, n’a pu fonctionner que par la mise en place d’un régime de terreur, isolant l’individu et brisant tous les repères de la société traditionnelle. Les liens de la famille, la solidarité, le respect, la foi, la compassion… Tous les fondements de la morale devaient être annihilés, comme devaient être exterminés tous ceux qui croyaient encore en ces valeurs. Il ne s’agissait pas seulement de tuer mais surtout d’effacer notre identité, de piétiner notre dignité. Comment comprendre ce que ces hommes en noir ont fait subir à d’autres hommes ? »

Espérons que comme lui, « beaucoup y trouveront la force pour traverser ces longues nuits peuplées de chagrin… »

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Editions Gallimard, coll. Bayou, 2011.

De fil en aiguille :

Cahiers Ukrainiens couv  coupures irlandaises  chaabi 2

 

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