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Jeronimus, Dabitch & Pendanx

Publié le par Arianne

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Cette BD prometteuse en 3 tomes mettant en scène la terrifiante et fascinante histoire du Batavia ne parvient malheureusement pas à se hisser à la hauteur de ses ambitions.

Rappelons brièvement les faits : le Batavia, navire de la compagnie hollandaise des Indes orientales, quitte Amsterdam en 1628 pour rejoindre Java. À son bord, 341 personnes, dont 38 femmes et enfants, et 2 hommes qui se détestent : le commandeur Pelsaert et le capitaine Ariaen. Leurs différends vont permettre à un homme de prendre le pouvoir : Jeronimus Cornelisz. Une femme, Lucretia, qui a déjà perdu 3 enfants en bas âge et qui part rejoindre son mari, va accentuer les rivalités et servir à asseoir une mutinerie. Puis la tempête va se charger du reste : un échouage au milieu de nulle part, des îles isolées, des caractères diaboliques qui se dévoilent face à l’horreur de la situation. Une expérience humaine inédite et bien peu de rescapés.

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Le dessin de Pendanx est certes toujours exceptionnel (des tableaux d'une construction et d'une intensité remarquables !), mais la narration est catastrophique : le texte hésite entre documentaire et récit d’aventures sans réellement trouver une unité et un ton cohérent. Et quand les dessins prennent le relais, l’histoire en devient presque incompréhensible. Certes, Dabitch choisit de dérouler son récit autour du caractère indéchiffrable de Jeroniumus (et ce n’est pas anodin si c’est son nom qui donne le titre à l’œuvre et non pas celui du bateau comme dans la majorité des ouvrages parus sur le sujet) : il rentre dans son intimité, il retrace son histoire personnelle (la mort de son enfant des suites de la syphilis et ses accointances avec des hérétiques, notamment, qui l’ont poussé à partir), plus que sur l’action, il s’attarde sur les raisons possibles d’un tel retournement chez un homme, sur ce qui pousse l’humain dans ses retranchement au point de perdre toute humanité. Il s’attache aux blessures, aux fêlures, aux petits riens qui peuvent faire basculer dans l’horreur. Mais ce parti pris – en soi tout à fait louable, pourquoi pas ! – nuit au rythme et au souffle romanesque qui en devient aussi confus et brouillon que les pensées de ce pauvre Jeronimus.

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Des ellipses et des non-dits laissent le lecteur dans le flou et la frustration. Les faits, suffisamment incroyables en soi, amènent le lecteur impatient jusqu’au bout mais l’ensemble reste poussif et assez mal construit. Quel dommage !

Fascinée par le récit qu’en avait fait Simon Leys dans son bouleversant Naufragés du Batavia, j’étais impatiente et curieuse de découvrir cette version graphique. C’est assez décevant.

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A préférer :

Abdallahi pour les sublimes tableaux de Jean-Denis Pendanx

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Les naufragés du Batavia de Simon Leys pour son récit fascinant des faits

batavia

Commenter cet article

Choupynette 02/06/2013 16:13

j'ai beaucoup aimé les dessins, par contre comme toi je trouve que cela manque de souffle et surtout, je ne comprends pas le découpage, et que si peu de pages soient consacrées à l'épisode après le
naufrage. J'ai lu le livre de Peter FitzSimons sur le sujet, tr_s complet et passionnant. je lirai prochainement le Leys.

Arianne 03/06/2013 09:19



Ah, je ne connais pas Peter FitzSimons, je vais regarder ça, merci pour l'info !



Apolline 11/01/2012 12:11

Ils sont très beaux les dessins, surtout ceux de la mer !!

Arianne 11/01/2012 12:25



Yes ! souperbes