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Jenna Fox, pour toujours, Mary E. Pearson

Publié le par Arianne

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Jenna se réveille après avoir passé près d’un an dans le coma, suite à un terrible accident. La famille a déménagé, tous les repères ont disparu. Dans la tête de Jenna, des mots qu’elle ne comprend plus, des livres qu’elle connaît par cœur, le souvenir brumeux de deux amis qui l’appellent à l’aide. Jenna ne sait plus qui elle est. Ses souvenirs se dérobent en même temps qu’apparaissent certaines vérités dérangeantes. Que s’est-il passé ? Qui est-elle vraiment ? La quête de soi n’est pas sans risque mais Jenna a besoin de savoir et de comprendre. Pourquoi sa grand-mère est-elle si distante ? Pourquoi semble-t-elle ne pas avoir d’amis ? Pourquoi ceux de l’école pensent-ils qu’elle ne marche pas « normalement » ? Pourquoi sa chambre est-elle vide et celle de sa mère verrouillée ?

« J'étais quelqu'un, avant.

Quelqu'un qui s'appelait Jenna Fox.

C'est ce qu'on me dit. Mais je suis plus qu'un simple nom. Plus que ce qu'on me dit. Plus que les faits et les statistiques qu'on me fait avaler. Plus que les vidéos qu'on me fait regarder.

Plus. Mais je ne sais pas quoi exactement. »

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© c-album

Le père de Jenna est célèbre pour son invention qui a révolutionné la médecine : « Il a fondé sa propre compagnie biotech et l'a vendue il y a quatre ans. C'est ainsi qu'il a fait fortune. Il a développé le Bio Gel, une véritable révolution en matière de transplantation d'organes. Avant, on ne pouvait conserver les organes que quelques heures ; désormais, on peut les garder indéfiniment, jusqu'à ce qu'on trouve le receveur adéquat. »

Cette révolution entraîne inévitablement des questions éthiques intelligemment traitées dans le roman. Jusqu’où la médecine peut-elle aller pour sauver une vie ? Que peut-on accepter ? Ces questions déontologiques résonnent avec celles de Jenna sur sa propre identité.

Fotolia memoire-en-tete-blog1

Là où l’auteur excelle, c’est qu’elle interroge l’identité à deux niveaux : celui de l’adolescence où ces préoccupations sont légitimes alors qu’il est naturellement compliqué de se définir, de se construire, de s’accepter à cette période mouvante (qui suis-je ? quels sont mes désirs, mes besoins ? quelle direction ai-je envie de prendre ? est-ce que j’ai le choix ? qui sont mes parents ? etc.) et celui plus global de l’humanité (quelles sont les règles, les lois que nous mettons en place ? sont-elles justes ? selon quels critères ? qui peut en décider ?).

Mary E. Pearson réussit à capter le lecteur avec un suspens croissant tout en posant des questions fondamentales sur la quête de soi, l’identité, l’éthique médicale.

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Mary E. Pearson

« “Viens, Jenna ! Il ne faut pas que tu rates ça. ” La femme que je dois appeler Maman tapote sur le coussin à côté d'elle. “Viens”, répète-t-elle.

J'obéis.

"C'est un moment historique”, déclare-t-elle. Elle met son bras autour de mes épaules et se serre contre moi. Je soulève un coin de ma bouche, puis l'autre : un sourire. Je sais que c'est ce que je suis censée faire. C'est ce qu'elle veut.

“C'est une grande première. Nous n'avons encore jamais eu de présidente d'origine nigérienne.

- Une première”, je répète.

Je regarde l'écran, puis le visage de ma mère. Je viens juste d'apprendre à sourire. Je ne sais pas encore imiter ses autres expressions. Je devrais pourtant.

“Maman, viens t'asseoir avec nous ! crie-t-elle en direction de la cuisine. Ca va bientôt commencer.”

Elle ne viendra pas. Je le sais. Elle ne m'aime pas. J'ignore comment je l'ai compris : pour moi, son visage est aussi indéchiffrable que celui des autres personnes. Ce n'est pas son visage. C'est autre chose.

“Je fais la vaisselle. Je vais regarder sur l'écran de la cuisine”, répond-elle.

Je me lève.

“Si tu veux, je peux partir, Lily.”

Elle apparaît dans l'encadrement de la porte et échange avec Maman un coup d'œil que j'essaie de comprendre. Maman dissimule son visage entre ses mains.

"C'est ta grand-mère, Jenna. Tu l'appelais Mamie.

- Ce n'est pas grave. Elle peut m'appeler Lily", dit-elle avant de s'asseoir à côté de maman, de l'autre côté. »


« Je me penche à mon tour en avant, les mains sur les genoux, dans une position similaire à la sienne. On ne peut jamais savoir. Ethan se connaît mieux qu'il ne le souhaiterait, et je me connais moins que je ne le désirerais. Deux passés, noir et terrible pour lui, blanc et vide pour moi. Ses yeux sont foncés, expressifs, aussi pleins que ceux de Dane sont vides. Je me mets à genoux, si proche de lui que je devrais être gênée. Je ne le suis pas. [...]

Nos baisers sont de plus en plus passionnés, et tout ce qu'il y a de bizarre, de curieux, d'anormal en moi disparaît. Je ne pense plus à moi, je pense à Ethan. La chaleur d'Ethan, l'odeur d'Ethan, les caresses d'Ethan, c'est tout ce que je suis, maintenant. Ce n'est que lorsqu'il s'écarte parce que Lily me crie de rentrer à la maison que je réponds à sa question.

“Je sais pourquoi tu as fait ça. Parce que parfois, on n'a pas le choix. ” »

 

Editions les Grandes Personnes

A partir de 12-13 ans.

De fil en aiguille

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