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Grâce, Delphine Bertholon

Publié le par Arianne

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Deux époques, deux voix : celle de la mère et celle du fils.

Une jeune fille au pair. Une faille dans le couple. Des secrets de famille.

Une mise en scène implacable pour ce livre qui mêle les registres du journal intime, du roman, du policier et du fantastique.

D’un côté, le journal intime de Grâce dans les années 1980. Elle s’adresse la plupart du temps à son mari, représentant en produits ménagers et sans cesse absent. Leur couple sombre et l’ombre de la vieillesse tétanise Grâce. Ces pages sont sans concessions, violentes comme les sentiments qui l’agitent. Par sa voix, on plonge dans un passé marqué par la jalousie, la peur de vieillir et la confrontation à la jeunesse (Cristina, la jeune fille au pair polonaise) : « Sa jeunesse réveille quelque chose en moi, une part d’obscurité. »

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De l’autre, le récit de Nathan, le fils de Grâce. Il s’adresse à Cora, sa femme décédée. Avec ses enfants, les jumeaux Soline et Colin, ils vont passer les fêtes en famille, ou plutôt chez Grâce car le père a disparu de la circulation de depuis longtemps.

Ces retrouvailles de famille ont quelque chose de troublant. Il y a quelque chose qui cloche. Bientôt, de drôles de phénomènes ont lieu dans la maison. Le père réapparaît comme par hasard au même moment et avec lui des questions laissées en suspens. Par le récit croisé d’une époque à l’autre, d’une génération à l’autre, on dénoue le fil des secrets qui ont tissé les liens dans la fratrie.

Une lecture hypnotique.

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Delphine Bertholon

« Je me fais des idées, sans doute. Tu ne la regardes pas spécialement quand tu es là, c’est une môme après tout, juste une môme, tu as le double de son âge. Je crois que c’est un problème de moi à moi-même. Je me voudrais différente, je voudrais assumer ; mais ces années qui passent, je ne supporte pas. Ce n’est pas normal, je sais. Trente-quatre ans… Je suis jeune encore, jolie encore, et j’ai la cuisine la mieux achalandée de toute la région – sans cesse Julie vient me piquer la yaourtière, comme si c’était l’invention du siècle. Sincèrement, Thomas, qu’est-ce qu’on en a à fiche de faire des yaourts soi-même quand ceux du commerce vont si bien ? Je ne comprends pas. Vraiment, je ne comprends pas. Pour ça non plus, je ne tiens pas de ma mère. Je me souviens, lorsqu’elle reçut pour Noël sa première cocotte-minute ; je devais avoir dix ans. Elle avait passé trois mois à dire qu’“avec ça, chaque jour est une fête”.

Tu sais quoi, Thomas ? Tu aurais dû épouser ma mère. »

Dans le labyrinthe

La présentation vidéo de l'ouvrage par l'auteur

De fil en aiguille

chagrins  solliciano  

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