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Brise glace, Jean-Philippe Blondel

Publié le par Arianne

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« À partir du moment où on est présent dans l’existence de l’autre alors qu’avant, on n’existait pas, tout est modifié. »

Prenez un ado qui essaie de se fondre le plus possible dans la masse.

Confrontez-le à un des garçons les plus populaires du lycée et observez ce qui se passe.

Aurélien, 17 ans, vit dans sa bulle depuis 4 ans en cultivant la constance en toute chose : pas d’émotions fortes, pas d’amitiés particulières, pas de bulletins scolaires épatants. Il met toute son énergie à surtout ne pas se faire remarquer.

Mais Thibaud débarque avec ses gros sabots, bouscule son petit univers en équilibre précaire et commence à poser des questions, à le pousser dans ses retranchements.

« Thibaud, c’est un mec extrêmement agaçant pour des lycéens comme moi. C’est le genre de gars cool, copain avec tout le monde, qui doit avoir vingt mille amis sur Facebook, bien vu des profs sans fayoter outre mesure. »

Le brise-glace est en marche.

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La « fonte des glaces » se met en place en même temps que l’amitié entre Thibaud et Aurélien mûrit avec beaucoup de tendresse et de bienveillance. Après des années passées à lutter contre le fond qui l’attire, contre le souvenir refoulé d’un terrible événement, Aurélien se retrouve malgré lui sur la pente du renouveau. Mais avant de renaître à la vie, il va lui falloir exorciser ses vieux démons.

« Je la sens, la vague glacée. L’éclat qu’elle donne à la nuit qui est tombée sur la ville. »

Comme toujours chez Jean-Philippe Blondel, le charme opère. Comme dans le très réussi (Re)play !, le jeu de langage, le maniement des mots et leur pouvoir cathartique y tiennent une grande place.

« Brise-glace, je suis brise-banquise, découvreur de terre,

Réchauffeur planétaire, un homme à effet de serre,

Démolisseur de pôles, amateur d’équateur, observant

Sous mes lunettes astronomiques, comment nous devenons

Amis. »

slam

Une lecture pour tous (ados comme adultes), particulièrement adaptée à des lecteurs en difficulté ou réticents car, très facile à lire, ce court roman de 106 pages mêle avec une belle plume et sans faux-semblants à la fois le quotidien d’un adolescent et le riche bouillonnement intérieur qui l’agite continuellement.

« Et sous la glace, il y a ce bouillonnement de mots durs. »

Un texte sensible, touchant et juste.

A partir de 13 ans.

Actes sud junior, 2011.

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Jean-Philippe Blondel

« Je ferme les yeux mais je sens sa présence. À l’intérieur de moi, c’est un festival de sentiments contradictoires. De l’inquiétude, de la fierté, de la rage, de la gratitude. C’est comme ça, les yeux fermés sur le lit de l’infirmerie, que je tente d’expliquer, à voix basse. D’expliquer que je me sens comme ce mec, en haut de la montagne, depuis quelque temps. Je ne veux pas regarder en arrière, mais devant, ça m’effraie aussi, alors je reste là, tout au bord du précipice, je joue avec l’idée de me jeter dans le vide et de trouer les nuages, mais je ne le fais pas parce qu’il y a une partie de moi qui a vraiment envie de vivre, de vivre des trucs extraordinaires, de vivre à pleins poumons, simplement, je ne sais pas comment faire, voilà, je ne sais pas comment faire. »

Dans le labyrinthe

Ecouter les finalistes du Grand slam national 2012.

Le slam pour les 9-13 ans.

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