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Arrêtez-moi là !, Iain Levison

Publié le par Arianne

arretez-moi la

J’hésite entre vous raconter l’histoire ou vous en laisser vierge pour que vous puissiez avoir le même plaisir que moi à la découvrir.

Tout bien considéré, je crois que je ne vais pas trop vous en dire. Premièrement, parce qu’il faut être prudent avec ce qu’on raconte, on ne sait jamais, ça pourrait être mal interprété et mal finir (pour moi) et deuxièmement, parce que Jeff Sutton va tout vous raconter et il le fait tellement bien que ça serait pécher que de s’en priver.

Vraiment.

Sachez simplement qu’on peut se retrouver vraiment vraiment dans la panade si on touche les fenêtres de gens qu’on ne connaît pas et qu’on passe au karcher son taxi. D’aucuns se croient à l’abri dans leur cocon qui fait office de voiture – ou inversement – mais on n’est jamais à l’abri nulle part. Et la certitude d’un policier contre votre bonne foi ne fait jamais le poids. Tenez-le vous pour dit !

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Iain Levison dénonce l’absurdité du système judiciaire américain avec un talent qui lui est propre : un ton décalé, drôle, un style percutant et irrésistible. Ca se mange à l’apéro, sans modération.

Pour ceux qui voudraient quand même en savoir plus (mais c'est dommage, ça révèle toute l'intrigue), un très bon article de Mediapart.

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À découvrir avec le même plaisir :

tribulations-dun-precaire

Tribulations d’un précaire ou le marché de l’emploi aux États-Unis et les expériences loufoques, incroyables, drôles, dangereuses, épiques, de l’auteur qui a cumulé un nombre de petits boulots impressionnants. A lire de nouveau sur Mediapart un article bien plus complet.

Et en parlant de Un petit boulot, celui-là est un polar pas vraiment comme les autres :

petitboulot1.jpg

Un pauvre type qui s’ennuie dans une ville sinistrée se retrouve tueur à gages pour le malfrat du coin. Ses états d’âme, son inexpérience, son ennui, ses magouilles, sa nonchalance en font un drôle de antihéros. Avec le même ton détaché et un style burlesque, un petit régal de lecture.

ian-levison.jpg

Iain Levison

« Les portables ont changé la vie des chauffeurs de taxi. Autrefois, ils devaient faire abondamment la conversation. Désormais ils doivent écouter celle des autres. On dirait qu’aucun individu n’est capable de tenir cinq minutes dans un taxi sans appeler un être aimé pour lui dire qu’il est dans un taxi. “Trésor… qu’est-ce que tu es en train de faire ? Ah bon ? Je suis dans un taxi…” Les courses doivent être beaucoup plus intéressantes que je l’air toujours cru, puisque tout le monde se sent obligé d’en parler. »

 


« J’ouvre et je vois trois hommes : un flic en uniforme et deux types en civil, l’air très grave. Ma première idée est qu’un parent éloigné est mort et qu’on vient m’en informer. Trois types pour cette démarche, c’est un peu gaspiller l’argent des contribuables. […]

Le plus âgé revient lentement de la chambre en faisant des détours comme s’il enregistrait tout ce qui l’entoure. Je lui demande : “Vous avez besoin d’aller aux toilettes ?” Je ne m’explique pas autrement pourquoi il s’intéresse aux autres pièces de mon appartement. Sans répondre, il est allé dans la cuisine où la vaisselle propre sèche sur une serviette. Il la regarde comme si c’était un indice.

Je ne veux pas me montrer impoli, parce que être impoli avec des policiers ne sert jamais à rien, surtout pas quand quelqu’un a besoin de son permis de conduire pour survivre. Un mot de travers et c’est le retrait pour un an, tous les chauffeurs de taxi le savent. Nous sommes des gens particulièrement dociles. Mais je voudrais qu’ils m’expliquent leur présence, parce que j’ai une bière qui m’attend. Au sens propre. Charlie White l’a probablement déjà commandée.

“Dites, les gars. Qu’est-ce qui se passe ?”

J’ai remarqué que lorsque j’ouvre la bouche les deux en civil se contentent de me regarder comme s’ils essayaient de lire les pensées qui ont produit ce que je viens de dire. J’ai l’impression d’être soumis à une expérience, et qu’ils prennent mentalement des notes chaque fois que je parle. Tout chez moi les intéresse, sauf ce que je dis. »

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